Philippe Pichet veut retrouver ses fonctions de chef de police
L’ancien chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Philippe Pichet, souhaite retrouver ses fonctions au sein du corps de police. Il a pour ce faire saisi la Cour du Québec.
Dans sa requête, M. Pichet veut contraindre la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec de lui permettre de retrouver son poste de chef de police. Son mandat, qui est renouvelable, doit prendre fin en 2020. Il indique dans les documents présentés à la cour que sa suspension « équivaut à une destitution par congédiement déguisé ».
La mairesse de Montréal, Valérie Plante, n’a pas voulu indiquer jeudi si la Ville contesterait la requête de M. Pichet, qui retournera en cour le 7 juillet. «Je ne veux pas commenter aujourd’hui. [Le ministre de Sécurité publique, Martin] Coiteux, va me présenter un rapport très prochainement et des décisions vont s’ensuivre», a-t-elle affirmé.
À la suite de sa suspension comme chef de police, Philippe Pichet est devenu en février dernier responsable du service de gestion des immeubles à la Ville de Montréal. Il est notamment en charge des agents de sécurité et reçoit toujours son salaire de cadre supérieur. Le poste de chef de police est quant à lui assuré de façon intérimaire par Martin Prud’homme, qui dirigeait auparavant la Sûreté du Québec.
«Nonobstant la satisfaction de M. Pichet, ma priorité est de rétablir le lien de confiance entre les Montréalais et le SPVM. On a fait ce qu’on devait faire. On a agi pour le bien des Montréalais, en retirant le directeur de ses fonctions, a insisté Valérie Plante. Il y avait un rapport accablant qui montrait les problèmes de direction au sein du SPVM.»
L’opposition croit pour sa part cette «situation était prévisible et témoigne d’une mauvaise gestion de la part de l’administration». «On ne prend pas quelqu’un qui était directeur du SPVM pour le mettre responsable des gardiens de sécurité à l’hôtel de ville», a illustré le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, dans une déclaration écrite, tout en ajoutant que le changement de direction était «nécessaire».
M. Pichet a été suspendu de ses fonctions le 7 décembre dernier à la suite du dépôt d’un rapport sur les pratiques internes du SPVM. Il était notamment question «d’un laisser-aller, «d’enquêtes qui ont été bâclées», «d’informations importantes […] délibérément soustraites du rapport d’enquête afin d’éviter à certains policiers d’être poursuivis devant les tribunaux», de «traitements préférentiels» ou encore «d’allégations criminelles qui auraient dû être enquêtées, qui ne l’ont pas été et qui n’ont pas été signalées au ministère de la Sécurité publique».
«Ce rapport fait état de sérieux doutes sur la capacité de Philippe Pichet de redresser la situation», avait déclaré en décembre dernier le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.
«Le SPVM est miné depuis plusieurs mois par cette crise de confiance qui a puisé ses racines avec un manque de transparence», avait ajouté la mairesse de Montréal, Valérie Plante.
Philippe Pichet a été désigné en 2015 chef de police par l’administration dirigée par Denis Coderre à la suite du départ de Marc Parent.