Le maire Tremblay fait penser à un cycliste dopé
Le maire Tremblay me fait actuellement penser à un cycliste sur lequel les allégations de dopage se multiplient.
Dopage parce que son parti, Union Montréal (anciennement UCIM), aurait mis en place un système de financement occulte en récupérant illégalement 3% du montant de certains contrats de construction.
Son ancien collecteur de fonds, Bernard Trépanier, a été accusé de fraude et de financement illégal de partis un peu plus tôt cette année. Si ces allégations s’avèrent exactes, on pourrait donc dire que le maire Tremblay a disposé d’avantages indus sur ses adversaires et donc que, comme un sportif, il était dopé.
Le maire se défend d’ailleurs comme bien des cyclistes. Comme Lance Armstrong, il dit que malgré les enquêtes du Directeur des élections du Québec, son parti n’a jamais été épinglé. Le cycliste américain Lance Armstrong disait exactement la même chose quand il affirmait qu’aucun contrôle anti-dopage n’avait été positif. Cela ne l’empêchera pas d’être vraisemblablement déchu de ses principaux titres.
Le maire Tremblay utilise aussi la dialectique d’Alberto Contador. Le cycliste espagnol, pris la main dans le sac lors d’un contrôle antidopage, a dit: «C’est la viande que j’ai dû manger qui était contaminée aux anabolisants». Le maire dit: «S’il y a eu malversations, je n’étais pas au courant. Quand j’ai été mis au courant, j’ai agi».
Même si le maire a peut-être les mains propres, ça ne devrait pas être suffisant. Comme tout chef d’entreprise, il est responsable de ses agissements. Qui a choisi Frank Zampino (accusé de fraude et complot) comme bras droit, qui a choisi Bernard Trépanier (fraude et complot) comme collecteur de fonds, qui est allé à des cocktails de financement d’entrepreneurs verreux?
On peut penser que les révélations continues qui sortiront de la commission Charbonneau agiront comme le supplice chinois de la goutte d’eau et que le maire ne se représentera pas pour l’élection de novembre 2013. Ce qu’il doit faire c’est limiter la casse et tenir jusqu’au 1er janvier 2013 4 novembre 2012 . À partir de cette date, s’il quitte son poste, il peut nommer un maire suppléant, sans avoir à organiser d’élection partielle.
S’il devait y avoir démission avant cette date, et donc élection partielle, le maire Tremblay ne maîtriserait plus l’agenda politique. Les partis comme Vision Montréal ou Projet Montréal auraient alors un boulevard pour faire élire leurs chefs respectifs. Celui qui serait élu aurait un an (en attendant l’élection de novembre 2013) pour prouver qu’il a la carrure pour diriger la Ville… Le maire Tremblay ne veut surtout pas ça…