De plus en plus de Montréalais défavorisés
Montréal traîne de la patte en matière de développement économique et social, comparativement aux autres grandes agglomérations du pays. La Fondation du Grand Montréal a rassemblé plusieurs statistiques qui montrent qu’il y a de plus en plus de gens défavorisés dans la métropole, dans son rapport annuel, Signes vitaux du Grand Montréal, dont les résultats ont été rendus publics mardi.
L’organisme de bienfaisance montréalais s’inquiète d’une augmentation des demandes d’assistance auprès des banques alimentaires de 32 % globalement, et de 65 % en ce qui concerne les familles qui ont des revenus d’emploi. Il note également que le nombre de sans-abri a doublé depuis 1996 dans la métropole, pour s’établir à
30 000 aujourd’hui.
La sixième édition du rapport fait aussi état des bons coups de Montréal, soit la diminution du nombre de faillites, un revenu familial moyen en progression, une population plus jeune que dans les autres grandes agglomérations canadiennes et la réputation culturelle de la métropole.
Le rapport dresse donc un portrait global de Montréal sur les plans de l’économie et de l’emploi, de l’éducation, de la santé, du logement, de la sécurité et de l’environnement. «Montréal pourrait faire tellement mieux», a résumé la présidente-directrice générale de la Fondation du Grand Montréal, Marina Boulos. Le rapport ne fait toutefois pas mention de toute la corruption qui semble régner sur la ville, si on se fie aux allégations des derniers jours à la Commission Charbonneau.
L’objectif de ce rapport est donc de tâter le pouls de la communauté, notamment pour «guider ceux qui souhaitent s’impliquer et bien attribuer les subventions là où les besoins sont les plus pressants», précise Mme Boulos.
Des représentants de quatre organismes montréalais étaient d’ailleurs présents hier, lors de la divulgation des résultats du rapport, pour sensibiliser la population aux inégalités économiques, au nombre croissant d’itinérants, à l’importance de l’intervention précoce chez les tout-petits pour diminuer le décrochage, ainsi qu’à l’encadrement des plus vieux pour assurer la persévérance scolaire.
«Pour rester compétitif dans une métropole, ça prend une main-d’œuvre qualifiée», a rappelé Gabriel Bran Lopez, directeur général de Fusion Jeunesse. Les acteurs du milieu communautaire ainsi que la FGM espèrent ainsi éveiller la population et les pouvoirs concernés afin de susciter des investissements cohérents de la part des pouvoirs concernés, pour permettre à Montréal de rester une métropole innovatrice.
Pour la collectivité
La Fondation du Grand Montréal (FGM) est un organisme de bienfaisance qui a pour but d’améliorer la qualité de vie de la collectivité du grand Montréal. Elle reçoit des fonds permanents, qu’elle distribue à une panoplie d’organismes et de projets communautaires touchant la santé, les services sociaux, les arts et la culture, l’éducation et l’environnement. Chaque année, la FGM regroupe plusieurs statistiques dans toutes sortes de sphères pour dresser un portrait de Montréal dans son rapport Signes vitaux du Grand Montréal.