Le PLQ se réveille un peu tard, selon la juge Charbonneau
Que faisaient les libéraux depuis le début de la Commission Charbonneau? France Charbonneau a posé la question alors que l’avocat du PLQ a demandé le statut de participant, mardi.
L’interrogatoire de Lino Zambito par les procureurs de la commission Charbonneau a pris fin en matinée mardi. Avant d’entamer les contre-interrogatoires, l’avocat du Parti libéral du Québec, Me Michel Décary, a fait une demande afin que son client reçoive le statut de participant.
Ce statut lui permet de contre-interroger les témoins. Jusque-là, aucun problème. Le hic, c’est que l’avocat a également demandé à obtenir des droits de participant rétroactif, c’est-à-dire de pouvoir contre-interroger le témoin sur une partie du témoignage de M. Zambito qui est sous ordonnance de non-publication. Ce témoignage a eu lieu les 3 et 4 octobre et il avait été décidé que les contre-interrogatoires concernant cette portion se ferait à ce moment.
Les audiences ont depuis repris en libre publication. Il est maintenant trop tard pour que Me Décary puisse poser des questions sur les propos tenus les 3 et 4 octobre.
Sur ce point, la présidente de la commission, France Charbonneau, n’a pas semblé sensible aux arguments de l’avocat. Dans la mesure où le PLQ a tardé avant de demander ce statut et qu’il était évident que le parti au pouvoir de 2003 à 2012 était concerné par les travaux, elle ne voit pas au nom de quoi les règles devraient être changées.
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Ainsi, le PLQ a reçu le statut de participant, mais Me Décary ne pourra contre-interroger M. Zambito sur son témoignage en date du 3 et 4 octobre, ce qui inclut la partie qui a été libérée de l’ordonnance, le 9 octobre.
Il s’agit d’un revers important pour le PLQ, puisque c’est au cours de cette portion que les activités de financement des anciens ministres Nathalie Normandeau et David Whissel ont été abordées.
Le PLQ est le dernier parti représenté à l’Assemblée nationale à avoir fait une demande de statut.
Pas utile
Le 28 mai dernier, le PLQ faisait parvenir une lettre à la Commission Charbonneau. Il ne jugeait pas «utile» de demander un statut à ce moment afin d’éviter une «politisation des audiences». Joint par Métro, Michel Rochette, directeur des communications du PLQ, affirme que la position du parti était de ne pas participer tant qu’il n’était pas pointé du doigt. «Vous auriez eu toute la divulgation complète si vous aviez été là en temps opportun », a dit France Charbonneau.
Contre-interrogatoire
Le contre-interrogatoire de Lino Zambito a commencé mardi. L’avocat Me Denis Houle de l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec et Me Martin St-Jean avocat de la Ville de Montréal ont posé des questions au témoin. Ils ont tenté de souligner des zones d’ombre dans le témoignage de M. Zambito, comme le fait qu’il n’a pas toujours donné des «ristournes» en main propre aux supposés dentinaires et donc il ne peut être certain que ce sont ces personnes qui ont empoché l’argent.
Zambito propose des solutions
En fin d’interrogatoire la présidente Charbonneau a demandé à Lino Zambito ce qui pourrait être fait pour «mettre des bâtons dans les roues» aux entrepreneurs tentés de pratiquer la collusion.
- M. Zambito croit que les lois de la Régie du Bâtiment devraient être plus sévères. Les permis d’exercer n’étant pas un droit, mais un privilège, les entrepreneurs malhonnêtes devraient se voir révoquer ces permis plus facilement.
- Il a appelé les municipalités à être plus vigilantes et à faire des vérifications plus approfondies des appels d’offres afin de mieux connaître les entreprises qui soumissionnent.
- Finalement, le ministère du Transport devrait engager davantage d’ingénieurs et miser sur des experts à l’interne plutôt que de recourir à l’expertise de firmes privées.