Montréal
17:57 6 septembre 2018 | mise à jour le: 6 septembre 2018 à 20:53

Le promoteur des Shop Angus veut développer l’est de Montréal

Le promoteur des Shop Angus veut développer l’est de Montréal
Photo: Gracieuseté Société de développement AngusChristian Yaccarini

La Société de développement Angus (SDA) veut lancer un vaste projet pour revitaliser des terrains abandonnés de l’est de Montréal et les transformer en quartier résidentiel et commercial.

Christian Yaccarini, président de la SDA, prévient toutefois qu’il s’agit d’un projet de longue haleine, qui peut prendre une vingtaine d’années avant d’arriver à terme.

Son équipe a identifié plusieurs terrains potentiels, situés dans les arrondissements de Montréal-Nord, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve (MHM), Saint-Michel, Rivière-des-Prairies-Pointes-aux-Trembles (RDP-PAT) et Montréal-Est. « Des anciennes usines, des anciennes raffineries, nous avons le choix : il y a des millions de pieds carrés à revitaliser », explique-t-il.

Aucune discussion officielle avec des propriétaires de terrains n’a toutefois encore été entamée. « Avant de le faire, je devais m’assurer d’avoir les capacités financières pour les acquérir, il fallait des partenaires », précise-t-il.

C’est finalement aux Fonds d’action Desjardins qu’il a trouvé le support dont il avait besoin pour aller de l’avant.

M. Yaccarini estime qu’il reste encore un an de travail avant de commencer à acquérir les terrains, le temps d’évaluer les coûts de décontamination et de déterminer quel type de projet conviendrait le mieux au terrain choisi. « On pourra évaluer des projets davantage résidentiels, davantage commerciaux, ou mixtes. »

La balle aux pouvoirs publics

Le développement des terrains de l’est de Montréal, souvent contaminés, peut s’avérer long et ardu, selon le promoteur.

En plus de rencontrer des responsables des arrondissements, pour connaître leur intérêt et leurs priorités, le président de la SDA discute avec des ministres fédéraux, puisque des enjeux liés aux infrastructures et à l’environnement se posent.

Il se dit prêt à jouer son rôle, mais affirme que l’État doit jouer le sien.

« Les 5 stations de métro vers Anjou pour 2026, c’est simplement sympathique, mais bien insuffisant. Les infrastructures de transport, c’est leur responsabilité. On ne peut développer de sites sans transport », affirme-t-il, notant également les besoins dans les parcs de logement et les écoles.

Les discussions avec Québec devront attendre après l’élection du 1er octobre, mais M. Yaccarini souligne que les partis semblent tous reconnaître qu’il faut s’occuper de l’Est. « Mais il faut les forcer à passer à l’acte. On a investi 15 G$ dans l’ouest dans les 4 dernières années. C’est bien, mais là, c’est au tour de l’est! »

L’homme derrière le projet de revitalisation des « Shop Angus » assure toutefois qu’il ne demande pas de subventions, uniquement que les pouvoirs publics « interviennent dans leurs domaines de compétence et de responsabilité ».

Des réactions enthousiastes

La présidente de la Chambre de Commerce de l’est de Montréal, Christine Fréchette, se réjouit de l’intention du promoteur, qui a le potentiel de densifier l’est de l’île.

« De voir une organisation dont l’expertise a été développée depuis 20 ans être mise à contribution dans l’Est, c’est très intéressant », relève Mme Fréchette, qui souligne que le moment est propice, puisque de nombreux terrains sont disponibles et que l’est vit une période d’effervescence économique.

Le Maire de Montréal-Est, Robert Coutu, qui voit également d’un bon œil le projet de Christian Yaccarini, n’a pas encore rencontré le promoteur, mais affirme être en voie de le faire et être intéressé à collaborer avec lui.

Il serait « un allié supplémentaire intéressant » s’il s’établit à Montréal-Est, note M. Coutu, qui prépare un plan de match afin d’accélérer la décontamination des sols. Plus de 10 millions de pieds carrés de terrains sont à nettoyer à Montréal-Est, appartenant principalement à Esso, et la ville est en pourparlers avec l’entreprise pour accélérer la décontamination.

Le maire Coutu demande depuis longtemps au gouvernement « de renforcer la loi et d’obliger les entreprises à faire les travaux dans des délais raisonnables. »

Chantal Rouleau, qui a rencontré M. Yaccarini en avril dernier à titre de mairesse de Pointe-aux-Trembles-Rivières-des-Prairies, s’est également dite heureuse «  qu’une entreprise d’économie sociale de cette envergure voie le potentiel de notre territoire et souhaite relever le défi de la revitalisation et du développement économique avec nous. »

Le maire de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve Pierre-Lessard Blais n’a pas souhaité commenter, alors que la mairie Montréal-Nord n’a pas retourné les appels de Métro Média au moment de publier l’article.

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