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Parties de golf et bouteilles de vin, une culture d’entreprise

Photo: Métro

Bien avant que le système de corruption et de collusion ne gangrène la Ville de Montréal, une grande proximité existait déjà entre les fonctionnaires et les entrepreneurs.

Poursuivant son témoignage devant la Commission Charbonneau jeudi, l’ingénieur retraité, Luc Leclerc a indiqué qu’à son arrivée à la Ville de Montréal, il a rapidement constaté la culture d’entreprise qui y régnait.

Les entrepreneurs et les fonctionnaires jouaient au golf ensemble et partageaient des repas. Luc Leclerc se rappelle qu’à l’approche de son premier Noël en tant qu’ingénieur à la Ville de Montréal, en 1990, il a été surpris de constater que les entrepreneurs venaient naturellement livrer leurs étrennes aux fonctionnaires devant leur lieu de travail avant que ce ne soit à leurs domiciles.

«C’était la culture d’entreprise. Ça faisait des générations que ça se faisait comme ça», a-t-il ajouté. La collusion et la corruption se sont ensuite érigées en système et a atteint son apogée dans les années qui ont suivi des coupures de personnel à la Ville.

Au département de la voirie, des neuf ingénieurs responsables de la gestion et de la surveillance des chantiers au début des années 1990, ils sont passés à 3, au début de l’année 2000.

«Est-ce que les coupes ont créé les conditions gagnantes [pour la corruption]?», a demandé Me LeBel. «Elles ont facilité le «travail»», a répondu le témoin.

Les entrepreneurs côtoyaient donc souvent les mêmes fonctionnaires et cette proximité s’est consolidée à mesure que le système de collusion a pris de l’ampleur puisque ce sont les mêmes entrepreneurs qui remportaient tous les contrats. À se fréquenter au quotidien, des amitiés se sont développées, brouillant progressivement la frontière de l’éthique.

Luc Leclerc a indiqué que le code d’éthique de la Ville de Montréal, créé en 2009, a eu un effet dissuasif immédiat auprès des fonctionnaires. Selon lui, le code aurait pu contribuer à diminuer le sentiment d’impunité qui régnait, encouragé par le silence de la Ville. «Personnellement, ça m’aurait peut-être fait allumer, fait peur ou fait prendre conscience plus rapidement», a indiqué celui qui a pris sa retraite en janvier 2010.

L’interrogatoire de Luc Leclerc s’est terminé jeudi. Le contre-interrogatoire débutera au retour de la relâche de la commission, soit le 12 novembre.

Le prochain témoin sera Gilles Vézina, le supérieur de Luc Leclerc qui croit que ce dernier connaissait l’existence du système de collusion et de corruption.

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