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Un élu revient à la charge sur le salaire minimum à 15$ l’heure

Marvin Rotrand fait partie des plaignants qui exigent une révision de la carte électorale
Le conseiller indépendant de Snowdon, Marvin Rotrand. Photo: Josie Desmarais/Métro

La Ville de Montréal réajustera-t-elle à la hausse le salaire minimum qu’elle accorde à ses employés pour qu’il atteigne 15$ l’heure? Le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, a relancé l’administration de Valérie Plante, mercredi, jugeant que cette hausse de rémunération est «nécessaire».

«Vous avez promis que votre administration assurera un budget [pour que] tous les employés touchent ce salaire minimum de 15$/h, mais je ne remarque pas cet aspect dans le budget. Pouvez-vous m’éclairer?», a demandé le conseiller municipal au président du comité exécutif de la Ville, Benoît Dorais.

Ce dernier a rétorqué que le plan de match «est exactement le même» qu’en juin 2018, date à laquelle M. Rotrand avait déposé une motion favorable à l’instauration du salaire minimum à 15$ l’heure au sein de la Ville. «On est à faire toute l’analyse nécessaire sur le nombre de postes visés par la hausse de salaire, a expliqué M. Dorais. Le travail doit être fait en collaboration avec les syndicats.»

Selon M. Dorais, il faut surtout sonder les leaders syndicaux «pour aller au-delà de la barrière de la relativité salariale». «Il doit y avoir des écarts de rémunération entre les postes et tout ça est classifié, a-t-il expliqué. Augmenter le salaire aurait des effets à la hausse sur l’ensemble des postes. Donc on a besoin des syndicats. On travaille là-dessus. Plusieurs conventions collectives sont échues et en préparation.»

«Ça va coûter nettement plus cher si on le fait de façon précipitée, sans les syndicats, a martelé M. Dorais. Ce sont des dizaines de millions de dollars en dépenses additionnelles. On veut s’assurer de faire ça selon les règles.»

Le conseiller de Snowdon n’a pas semblé être satisfait de cette réponse. «Des gens militent là-dessus depuis des années, a-t-il relancé. Vous dites que ça s’en vient, mais quand allez-vous régler le dossier? Et est-ce que ce sera rétroactif?», a-t-il questionné.

«J’aimerais mieux comprendre le timeline», a souligné M. Rotrand. Benoît Dorais a insisté pour dire que l’engagement de la Ville en vue du salaire minimum à 15$/h «est très ferme». «Les Montréalais qui, selon vous se disent déçus, comprennent très bien qu’en réalité, on doit être une administration raisonnable et responsable», a répondu le président du comité exécutif.

«Hypocrisie»
Dans une lettre envoyée, fin juillet, au conseil d’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Marvin Rotrand se disait «déçu» que sa requête demandant à deux commissions du conseil municipal d’entendre le public sur la question du salaire minimum à 15$/h ait été refusée. Pas moins de 32 personnes s’y étaient opposées, a-t-il rapporté, contre 22 pour.

«Je suis vraiment choqué que l’administration de Projet Montréal ait refusé d’honorer le mandat démocratiquement approuvé qui avait été adopté lors de la réunion du conseil municipal d’août 2017 pour tenir de telles audiences», a-t-il expliqué dans la lettre.

«Je n’ai entendu aucun argument valable pour justifier ce manque flagrant de respect de la démocratie», a-t-il ajouté.

Selon le conseiller de Snowdon, élu sous les couleurs de Coalition Montréal, l’administration Plante «a clairement décidé d’empêcher le public de s’exprimer dans un forum public». «Vous pouvez imaginer, au cours d’une année électorale provinciale, à quel point ces audiences auraient pu être bénéfiques», avait-il écrit.

«Il est clair que Projet Montréal espère que cette question disparaîtra. Je considère ceci comme de l’hypocrisie. Le programme de Projet Montréal s’engage à lutter pour un salaire minimum à 15$ l’heure pour tous les travailleurs», a martelé M. Rotrand dans sa lettre.

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