Montréal

Les dossiers chauds attendant Montréal sur le front environnemental en 2019

Les dossiers chauds attendant Montréal sur le front environnemental en 2019
Photo: Denis Beaumont/Archives Métro

Après avoir passé les derniers mois à concrétiser ou remanier certains projets entamés par ses prédécesseurs, l’équipe de la mairesse Valérie Plante entamera l’année 2019 les deux mains sur le volant. Côté environnemental, les attentes sont grandes, si l’on se fie aux quarante dossiers prioritaires identifiés par le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal). État des lieux.

Transports
Outre la fin de la circulation de transit sur le mont Royal, le CRE-Montréal aimerait que la Ville commence à étudier la possibilité de prolonger au-delà de la station de métro Pie-IX le service rapide par bus (SRB) dont la construction débute, le tout afin «d’assurer une connexion avec un service rapide d’autobus qui sera éventuellement mis en place dans la nouvelle mouture du boulevard Notre-Dame Est», qui rejoint le centre-ville. Dans le cadre du prolongement de la ligne bleue vers Anjou et la reconstruction de l’échangeur Saint-Pierre, l’organisation écologiste veut s’assurer que les futures constructions fassent la part belle à la mobilité durable et à la mixité sociale. Quant à la construction du Réseau express métropolitain (REM), qui s’échelonnera de 2021 à 2023, Tania Gonzalez, du CRE-Montréal, dit surveiller «l’aménagement et le verdissement des futurs stationnements incitatifs, de même que la desserte en transports collectifs et actifs vers les gares du REM, afin de limiter au maximum la minéralisation du territoire, tout en favorisant la multimodalité au sein des diverses communautés desservies par le réseau».

Espaces verts
Dans l’ouest de l’île, l’organisme espère que le dossier donnant à L’Île-Bizard le statut de paysage humanisé progressera afin de mieux protéger le secteur. Le CRE-Montréal souhaite aussi que la Ville prenne les mesures de reboisement nécessaires afin de limiter les impacts de l’agrile du frêne, notamment au Bois-de-Saraguay, où 600 frênes seront abattus prochainement, et qu’elle poursuive à la consolidation du parc nature de L’Anse à L’Orme par l’achat de terrains supplémentaires, comme elle l’a fait en 2018 avec l’achat de parcelles du Bois Angell. Elle devra aussi tenter de protéger près de 400 hectares de milieux naturels dans le secteur Pierrefonds Ouest, qui est convoité pour un important projet immobilier. Ailleurs sur l’île, la Ville devra s’assurer que le projet de dalle-parc de l’échangeur Turcot ne passe pas de nouveau à la trappe, tout en protégeant le golf Meadowbrook pour en faire un parc, en préservant le Jardin historique des Sœurs grises et en travaillant à l’agrandissement du parc-nature du Bois-d’Anjou non ouvert à la population, en y ajoutant notamment l’ancien golf adjacent.

Déchets
Malgré l’explosion des coûts, la construction des sites de compostage et de biométhanisation est toujours au menu et une majorité d’édifices de moins de neuf logements dispose déjà d’un bac brun pour la collecte des déchets de table. Toutefois, «une grande campagne de communication est nécessaire dès maintenant pour que la quantité et la qualité soient au rendez-vous à l’ouverture des infrastructures [d’ici 2021], avance le CRE-Montréal, qui note que toujours rien n’est fait pour les plus grands édifices. En outre, le projet d’ozonation des eaux usées prend du retard pour des raisons techniques encore obscures. «Dans les deux cas, ces retards sont un peu désolants, car cela fait longtemps qu’on attend ces infrastructures», souligne Coralie Deny, directrice du CRE-Montréal.

Urbanisme
Plusieurs grands projets offrent des opportunités d’amélioration urbaine. Encore faut-il que le bon sens soit au rendez-vous. Au sujet du projet Royalmount, le CRE-Montréal craint notamment  une augmentation de la congestion routière et recommande «l’instauration d’un quartier durable qui ne viendrait pas fragiliser les pôles commerciaux et artistiques déjà existants». Le développement de l’ancien Hippodrome Blue Bonnets devra mettre l’accent sur la mixité sociale, tandis que le réaménagement des secteurs de Radio-Canada et du Vieux-Port sera l’occasion d’améliorer l’accès au fleuve Saint-Laurent. Quant à la réfection de la rue Sainte-Catherine Ouest, la plus grande place laissée aux piétons privilégiée par l’administration Plante rejoint celle de l’organisation écologiste.

2019, l’année des parcs:

  • Fin des travaux au parc Jean-Drapeau avec une nouvelle agora et nouveau plan directeur
  • Reconfiguration du parc Lafontaine avec moins de stationnements
  • Réflexion sur l’avenir du Jardin Notman, maintenant protégé
  • Création d’un parc sur le stationnement 066 dans le Quartier des spectacles