Exposition de la Croix-Rouge: La vie, cinq ans après le tsunami
Cinq ans après le tsunami, la Croix-Rouge canadienne expose 25 photos prises par de jeunes Indonésiens à qui elle a fourni des appareils jetables. L’exposition se tient au Centre de commerce mondial jusqu’au 30 décembre. Métro a saisi cette occasion de faire le point avec Jean-Philippe Tizi, directeur des opérations Urgence et Reconstruction à la Croix-Rouge.
En quoi consiste l’exposition?
On a donné des appareils à une quarantaine d’enfants de Banda Aceh touchés par le tsunami en leur demandant de prendre des clichés de leur famille, de leurs amis ou de leurs activités favorites, en plus de rédiger la légende qui les accompagne. L’idée, c’est de raviver le souvenir de cette tragédie, mais sans montrer des images-chocs. On préfère montrer ce qui a été reconstruit.
Quelle est la photo qui vous touche le plus?
La photo de ses voisins qu’a prise Eka, 13 ans. On voit une famille heureuse, dans un jardin, avec au fond l’architecture typique d’une maison reconstruite par la Croix-Rouge. Car au-delà de l’opération d’urgence, on a aussi travaillé au relèvement de la population, notamment en reconstruisant près de 5 600 logements en Indonésie et 200 au Sri Lanka. Ça a été tout un défi pendant quatre ans de retrouver des terres, de négocier leur acquisition, d’organiser le retour des populations et de revoir les règles d’urbanisme!
Où en est-on 5 ans plus tard?
À Aceh, la quasi-totalité de la reconstruction est terminée. On voit beaucoup moins les cicatrices qu’il y a deux ou trois ans, mis à part le fameux bateau qui s’est échoué à 5 km à l’intérieur des terres. Tout cela est dû à l’effort combiné des populations, des gouvernements locaux et des ONG. La Croix-Rouge a obtenu 383 M$ pour mener différentes opérations, ça a permis de donner un bon coup de main. Au Sri Lanka, par contre, c’est beaucoup plus difficile à cause du conflit qui y sévit.