Montréal

Du logement étudiant coopératif à Montréal dès 2020, une première

Du logement étudiant coopératif à Montréal dès 2020, une première
Photo: Josie Desmarais/MétroLe ministre fédéral du Développement social Jean-Yves Duclos, la présidente de l’Association du premier cycle à l’Université Concordia, Sophie Hough-Martin, le coordonnateur de l'UTILE, Laurent Levesque, et la mairesse de Montréal Valérie Plante.

Un premier projet de logement étudiant coopératif verra le jour dès l’été 2020 à Montréal. Évalué à 18 M$, le chantier de la Note des bois – un immeuble de quatre étages composé de 90 logements qui pourra accueillir 144 étudiants –, a été lancé mercredi devant le parc La Fontaine sur la rue Papineau, alors même que les premières pelletées de terre étaient effectuées.

«Notre cible a été atteinte. On va être en mesure d’offrir des loyers à prix abordable, de 10 à 20% en bas du marché», explique à Métro Laurent Levesque, le coordonnateur général de l’Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (UTILE), qui porte le projet du financement jusqu’à la construction.

Les logements, qui iront du studio jusqu’au 6 1/2, coûteront entre 450 et 700$. Une priorité sera donnée aux étudiants de l’Université Concordia, dont l’association étudiante de premier cycle a investi près de 2 M$ dans le projet.

Victime de son succès, l’UTILE a déjà reçu plusieurs autres demandes dans la métropole, mais aussi au Québec et au Canada pour du logement étudiant abordable. «On a une offre d’achat acceptée sur un autre terrain à Montréal et des projets en démarrage dans quatre autres villes du Québec. On espère pouvoir concrétiser tout ça dans les prochaines années», souligne le coordonnateur à ce sujet.

«La population étudiante est toujours assez précaire, parce que chaque année, le quart d’entre elle se renouvelle. Chaque fois, les étudiants arrivent sur un marché locatif difficile, sans connaître leurs droits et en n’ayant accès qu’aux logements tel qu’ils sont déjà loués. On se retrouve alors avec des loyers étudiants systématiquement plus chers que les loyers moyens.» -Laurent Levesque, coordonateur de l’UTILE

Son groupe dit avoir bâti son modèle financier de manière à ce que celui-ci puisse ensuite être reproduit un peu partout au pays. Des promoteurs de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et des Maritimes ont par ailleurs déjà signifié leur intérêt à la construction d’un projet similaire.

La Note des bois bénéficie d’investissements importants d’Ottawa et de la Ville de Montréal. Le Fonds d’innovation pour le logement abordable de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) investit 3 M$, alors que l’administration Plante injecte 1,6M$. S’ajoutent à cela un appui de 7 M$ de la Caisse d’économie solidaire et une somme de 1,5 M$ de la Fiducie du Chantier de l’économie sociale.

Patience et embûches
La mairesse de Montréal Valérie Plante ne se le cache pas : «le projet a demandé beaucoup de temps et il a fallu de la patience pour rassembler tous les éléments nécessaires», a-t-elle plaidé en point de presse. Les premiers souffles du projet remontent effectivement à 2016 à l’UTILE, qui avait officiellement déposé sa demande auprès du gouvernement fédéral en 2017.

«Ce n’était pas nécessairement dans l’habitude de la Ville de participer au montage financier des projets comme celui-ci dans le passé.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal, vantant son équipe «agrandie» de fonctionnaires dévoués à l’habitation «qui insuffle une énergie» supplémentaire à l’industrie.

Il faut «penser à l’extérieur de la boîte pour répondre à des besoins qui sont émergents», a ajouté Mme Plante, soulignant que le logement étudiant à Montréal va au-delà de sa propre clientèle. «Quand on a du logement étudiant abordable, on peut libérer des grands logements pour faire profiter des familles, ce qui est aussi très important», a-t-elle observé.

Même son de cloche pour la présidente de l’Association du premier cycle à l’Université Concordia, Sophie Hough-Martin, qui soutient que ce projet «ne reconnaît pas seulement le problème dans le marché du logement étudiant ; il donne surtout l’espoir aux futurs universitaires qu’ils auront des alternatives», a-t-elle expliqué en marge de l’annonce.

Sur place, le ministre du Développement social, Jean-Yves Duclos, a aussi insisté sur la réalisation d’un projet «utile pour l’avenir», basé sur un «modèle de financement de construction novateur».

Commentaires 2

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  • Claude Jourdain

    Une coop étudiante, Triangle Rose, logeant des étudiants Uqam McGill Concordia offrait 24 unités en 1993 sur la rue St-Laurent (angle Jules-Verne) à Mtl. Malheureusement fermée quelques années après .

  • Alain

    Pouvez vous aider la FRAPRU avec votre modèle car après 40 ans, ils ne savent pas toujours pas comment aider les gens dans le besoin autre que de manifester alors que toutes cette énergie pourrait être utiliser à bâtir quelque chose. N’importe quel humain avec un esprit d’entrepreneur qui se lance dans l’immobilier se retrouve avec des milliers de portes après 40 ans mais la FRAPRU…. un gros 0. Ils ont besoin d’aide.