Montréal

Parc Jean-Drapeau: des secteurs «à l’abandon» méritent d’être revalorisés, dit l’AAPQ

Parc Jean-Drapeau: des secteurs «à l’abandon» méritent d’être revalorisés, dit l’AAPQ
Photo: Josie Desmarais/Métro

À quelques mois du dépôt du Plan d’aménagement et de développement du parc Jean-Drapeau, l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ) somme les partis fédéraux, qui lanceront cet été leur campagne électorale, de présenter leurs engagements envers la restauration du parc et de sa Biosphère.

«C’est clair qu’un plan de développement sans financement n’est pas un plan voué à une grande réalisation, explique à Métro le directeur général de l’organisme, Bernard Bigras. On ne veut pas se ramasser avec un horizon de dix ans sans soutien. On va talonner tous les partis et les candidats dans le Grand Montréal.»

D’après le porte-parole, les travaux de réhabilitation au parc Jean-Drapeau sont particulièrement urgents dans certains secteurs. «La Place des Nations et le lac des Cygnes sont deux endroits qui méritent à notre avis des investissements majeurs, envisage-t-il. Ce sont des places publiques symboliques qui ont été victimes d’un déficit d’entretien dans les dernières années. Ç’a un peu été laissé à l’abandon.»

La Biosphère, véritable «patrimoine architectural», doit aussi être mise en valeur d’après M. Bigras.

«Il y a aujourd’hui à peine une dizaine d’employés qui y travaillent. On se demande comment ils font pour réussir à dispenser des services de qualité avec si peu de ressources.» -Bernard Bigras, directeur général de l’AAPQ, à propos de la Biosphère

L’AAPQ appelle à «réinvestir massivement» dans cette infrastructure et se joint à plusieurs autres organismes qui souhaitent y créer un musée de l’environnement et du climat. Le projet, qui est évalué à environ 150 M$, permettrait à Montréal de se «positionner avantageusement» en matière de développement durable, croit le directeur général.

Une consultation, des objectifs
L’administration Plante a mandaté l’an dernier l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) d’entendre les différentes priorités du public et des organismes en vue de la rédaction du plan directeur de la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD).

Pour Bernard Bigras, l’objectif fixé par la Ville d’augmenter l’indice de canopée de 20% à 25% d’ici 2025 doit être pris au sérieux, la coupe d’arbres au parc Jean-Drapeau ayant selon lui affecté cet indice de près de 4% dans les dernières années. «Les 18 000 arbres sur le site doivent être préservés, tranche-t-il. On ne doit pas aller plus loin dans la coupe.»

Jointe par Métro, la porte-parole au cabinet de la mairesse et du comité exécutif, Laurence Houde-Roy, a indiqué que la Ville «est en faveur du projet proposé par le parc Jean-Drapeau pour la Place des Nations».

«Cette proposition fera partie du plan directeur du parc Jean-Drapeau qui est actuellement en développement. Après avoir pris connaissance du plan directeur, nous étudierons le financement à ce moment», a-t-elle rétorqué.

Si l’Espace 67 demeure «monumental», il aurait pu être conçu autrement, en faisant plus de place à des aménagements verts entre autres, avait aussi reconnu à la fin mai le responsable du développement économique au comité exécutif, Robert Beaudry.

«Ça demeure un site exceptionnel, mais c’est aussi un îlot de chaleur, note à ce sujet M. Bigras. Lorsqu’arriveront les grands événements dans les prochaines semaines, on a aussi besoin d’avoir une végétation tout aussi importante.»

Appelé à réagir, le député fédéral dans Rosemont-La-Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, s’est fait catégorique. «C’est un enjeu qui est sur notre radar depuis plusieurs mois et ça va faire partie de nos propositions régionales pour Montréal», assure celui qui est aussi chef adjoint du Nouveau parti démocratique (NPD).

«La Biosphère, c’est un petit bijou, un trésor symbolique de Montréal. C’est quelque chose qu’on veut conserver, et même éventuellement y garder une place pour un musée. C’est dommage que le fédéral l’ait laissé tomber depuis quelques années. C’est un atout.» -Alexandre Boulerice, député fédéral dans Rosemont

De son côté, la porte-parole au ministère fédéral de l’Environnement, Gabrielle Lamontagne, a souligné à Métro qu’Ottawa «est consciente de la valeur patrimoniale de la Biosphère et veut s’assurer que son mandat culturel et scientifique se poursuive» au moins jusqu’en 2020 dans son état actuel.

«Un comité mis en place en avril 2019 par les gouvernements du Canada et du Québec, en concertation avec la Ville de Montréal, travaillera à l’élaboration d’une vision pour l’avenir de la Biosphère au-delà de 2020», a-t-elle rappelé, ajoutant que «l’échéancier précis» de ce comité reste toutefois à définir.

Même son de cloche pour l’attaché politique au cabinet du ministère provincial de l’Environnement, Jean-Bernard Villemaire, qui a réitéré que la Coalition avenir Québec (CAQ) «participera activement au sein du comité tripartite mis en place pour envisager l’avenir de la Biosphère».