Montréal
13:46 30 mai 2019

L’Espace 67 aurait pu être «plus vert», reconnaît la Ville de Montréal

L’Espace 67 aurait pu être «plus vert», reconnaît la Ville de Montréal
Photo: Josie Desmarais/MétroL’élu Robert Beaudry, responsable du développement économique au comité exécutif.

Si l’Espace 67 inauguré jeudi au parc Jean-Drapeau demeure «monumental», il aurait pu être conçu autrement, en faisant plus de place à des aménagements verts entre autres, reconnaît le responsable du développement économique au comité exécutif de la Ville de Montréal, Robert Beaudry.

«Je ne le nierai pas: si ça avait été notre formation politique, probablement qu’on aurait fait un projet différent, un peu plus vert», a-t-il observé en marge d’une activité d’inauguration tenue sur l’île Sainte-Hélène jeudi en matinée.

À l’époque où l’administration Coderre avait le pouvoir, Projet Montréal avait soulevé des doutes quant à la nature du projet et suggéré l’aménagement d’une promenade riveraine au lieu de l’actuel amphithéâtre de 65 000 places.

«Ce n’est pas un échec. Effectivement, on avait critiqué le projet à l’époque, mais c’est un projet qui était déjà en route quand on est arrivés. Dès le départ, on a entamé des discussions avec le parc Jean-Drapeau pour trouver des améliorations.» -Robert Beaudry

L’élu municipal estime que depuis 2017, l’administration Plante a notamment «été en mesure d’obtenir certains gains sur le site», en matière de verdure et d’aménagements urbains.

«Ça reste un site qui va circonscrire tout ce qui est événementiel, a dit le conseiller du district de Saint-Jacques, dans Ville-Marie. Quand on pense aux consultations de l’OCPM, c’était surtout l’équilibre entre le parc et aussi la place pour les événements.»

L’enjeu du bruit est une autre victoire importante, dit Robert Beaudry; des sonomètres seront installés sur place pour s’assurer que les événements ne dépassent pas un seuil maximal de 80 décibels (dB). «Il n’y avait pas de limites avant, et on a abordé la question de plein fouet, assure-t-il. Cette considération, on l’a, mais on veut aussi que le spectateur puisse en profiter au maximum. C’est pour ça qu’on a fait installer de tours permettant de circonscrire le son au maximum.»

Promoteurs «très intéressés», produit «sous-estimé»
D’un point de vue commercial, l’Espace 67 est déjà un succès, assure le directeur marketing de la Société du Parc Jean-Drapeau (SJD), François Cartier. «Le mot se passe vite que ce site-là est maintenant mis en service. Le gros avantage, c’est le métro qui arrive au cœur du site et les points de vue magnifiques sur l’île. Disons que les promoteurs ne se sont pas longs à convaincre», confie M. Cartier.

Le nouvel amphithéâtre pourra selon lui accueillir gros comme petits événements pour différents publics, allant du festival Osheaga jusqu’à l’Orchestre métropolitain en passant par le Grand spectacle de la fête nationale, le 24 juin prochain. Les Week-ends du monde ainsi que le Grand Prix du Canada passeront aussi par le parc Jean-Drapeau cet été, tout comme les populaires Heavy Montréal, îleSoniq et Piknic Électronik.

L’amphithéâtre naturel et l’allée centrale du parc Jean-Drapeau. Photo: Courtoisie SJD

«On est encore en pourparlers avec plusieurs promoteurs, mais l’été est déjà rempli. Il faut aussi comprendre que pour chaque événement, le démontage demande du temps. La programmation, ce sera encore mieux en 2020.» -François Cartier

Appelée à réagir, la directrice du chantier de l’Espace 67 à la firme d’architecture Lemay, Lucie St-Pierre, parle d’un résultat «impressionnant» pour un chantier de deux ans. «C’était un gros travail d’équipe. On voulait vraiment rappeler l’esprit d’un site événementiel dans un grand parc qui a une histoire, a-t-elle expliqué à Métro. Il fallait tenir compte du contexte de l’Expo 67, par exemple. Ça a été une grosse inspiration de rappeler l’ambiance et le côté un peu festif de l’époque.»

Le chantier de l’Espace 67 «est l’un des plus grands projets d’aménagement urbain de la province» dans les dernières années, plaide l’architecte, soulignant que le début de sa conception remonte à 2016.

Même son de cloche pour le président de Tourisme Montréal, Yves Lalumière, qui a souligné sur place «qu’il n’y a pas beaucoup de parcs comme ça en Amérique».

«À l’intérieur du triangle touristique, entre le quartier olympique, le parc Jean-Drapeau et la montagne, c’est 11 millions de touristes qui transitent, avec une augmentation de 3% chaque année.» -Yves Lalumière

Mais malheureusement, dit-il, «les Montréalais aiment souvent un peu moins leur ville que nos touristes». «Il faut changer ça, cela n’a pas lieu d’être, a-t-il plaidé. Notre taux de satisfaction atteint maintenant 60%, ça franchit des records. C’est une augmentation de 13 points en quatre ans. Le parc Jean-Drapeau, c’est un bijou un peu sous-estimé.»

Appuyée par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation à la hauteur de 35 M$, la Ville de Montréal a injecté près de 40 M$ dans le projet de l’Espace 67.

Espace 67 est un secteur nouvellement réaménagé du parc Jean-Drapeau./ Josie Desmarais