Montréal

Hochelaga-Maisonneuve veut serrer la vis aux résidences de tourisme «illégales»

Hochelaga-Maisonneuve veut serrer la vis aux résidences de tourisme «illégales»
Photo: Emmanuel Delacour/TC Media

Mercier–Hochelaga-Maisonneuve veut serrer la vis aux plateformes de type Airbnb. L’arrondissement révise actuellement la carte des secteurs où la présence de résidences de tourisme sur est permise, en plus de lancer une campagne de sensibilisation pour inciter les citoyens à dénoncer les unités «illégales».

Les élus souhaitent ainsi «préserver le parc locatif le plus que possible». Quelque 300 logements seraient inscrits sur des plateformes de type Airbnb à l’extérieur des zones permises dans l’arrondissement.

«C’est immense, surtout quand on pense à tous les efforts qu’on fait pour construire du logement social, du logement abordable […] C’est un vrai drame», a déclaré à Métro mercredi le maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais. 

En 2016, l’arrondissement a été le premier à Montréal à mettre en place une réglementation pour encadrer les résidences de tourisme, qui ne sont permises que dans certains secteurs totalisant 6% de son territoire. Depuis, les arrondissements de Ville-Marie, du Plateau-Mont-Royal et plus récemment du Sud-Ouest lui ont emboîté le pas.

M. Lessard-Blais n’a pu détailler, mercredi, quels seront les changements précis qui seront apportés dans les prochains mois à son règlement d’urbanisme. Il a toutefois assuré que ceux-ci auront comme objectif de «préserver le parc locatif le plus que possible» dans un arrondissement «qui vit de grandes difficultés liées à la gentrification». 

«Quand on force des gens, souvent plus pauvres, à quitter leur quartier à cause de la gentrification, ils perdent non seulement leur réseau d’amis, mais aussi leur réseau familial et un réseau communautaire», a déploré l’élu de Projet Montréal. 

Selon une récente étude universitaire, la plateforme Airbnb aurait contribué au retrait de 31 100 logements du marché locatif au Canada. Une situation qui contribue à la rareté de logements disponibles pour les locataires, et donc entraîne des hausses des prix des loyers.

«Il y a beaucoup de gens dans le quartier qui vivent un stress pour se loger. Donc, de voir qu’en plein coeur d’un lieu résidentiel il y a une résidence de tourisme illégale, c’est inacceptable.» -Pierre Lessard-Blais, maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve

L’arrondissement enverra par ailleurs dès jeudi une lettre à 25 000 de ses résidants afin de les inviter à effectuer un signalement auprès de Revenu Québec s’ils doutent qu’un logement près de chez eux est loué de façon illégale sur Airbnb.

«On voulait informer les gens pour qu’ils sachent que s’ils savent qu’il y a une exploitation illégale de résidence de tourisme, ils peuvent dénoncer», a dit M. Lessard-Blais. 

Encadrement
Actuellement, les citoyens qui désirent louer temporairement leur résidence sur des plateformes de type Airbnb dans l’arrondissement doivent, en plus de respecter les règles de zonage en vigueur, se munir d’un certificat d’occupation et obtenir une autorisation de la part de la Corporation de l’industrie touristique du Québec.

Certaines entreprises réussissent toutefois à contourner les règles du jeu, notamment l’entreprise Sonder, qui se définit comme une «chaîne hôtelière» afin de pouvoir opérer à l’extérieur des zones permises par les règlements de zonage de différents arrondissements de la métropole.

«Pour le moment, je crois qu’on gère très bien la situation. Mais s’il y a des nouveaux outils en ligne qui visent à contourner nos règlements, ils vont nous trouver sur leur chemin», a réagi l’élu municipal.

Le gouvernement du Québec entend par ailleurs obliger les personnes qui veulent louer leur résidences sur ces plateformes à obtenir au préalable un numéro d’enregistrement dans le cadre d’une nouvelle réglementation qui devrait entrer en vigueur cet automne.