Montréal

Le profilage social à la STM crée des remous à l’hôtel de ville

Le profilage social à la STM crée des remous à l’hôtel de ville
Photo: Josie Desmarais | MétroLa station de métro Berri-Uqam sur la ligne orange en direction Montmorency, pendant l'heure de pointe de l'après-midi

Le profilage social dans le réseau de métro cause des remous à l’hôtel de ville. L’administration Plante a dû répondre à plusieurs questions lundi, alors que des données diffusées par Métro font état d’une hausse de certaines amendes qui visent les personnes en situation d’itinérance.

Le nombre d’amendes remises par les inspecteurs de la Société de transport de Montréal (STM) est en hausse pour plusieurs infractions associées au mode de vie des personnes itinérantes. Celles-ci comprennent entre autres l’interdiction d’être pieds nus dans les stations et les wagons du métro ou de s’étendre sur un banc.

«Qu’est-ce que l’administration fait de concret pour contrer cette situation?», a questionné le porte-parole d’Ensemble Montréal en matière d’itinérance, Benoit Langevin. 

«On voit qu’effectivement, il y a une augmentation du nombre de personnes qui reçoivent des tickets et probablement que là-dedans, il y a plus de personnes en situation d’itinérance qui reçoivent de ces tickets aussi», a reconnu lundi le vice-président de la STM, Craig Sauvé. 

L’élu de Projet Montréal a d’ailleurs rappelé que la STM créera cet automne un comité de vigie permanent afin de superviser le travail de ses inspecteurs. Ce comité sera composé d’un expert indépendant et de différents groupes communautaires.

«Les rencontres se poursuivent à la STM pour trouver les personnes à l’externe qui vont mener ce comité-là. Et on va avoir des nouvelles bientôt pour la suite de tout ça», a laissé entendre M. Sauvé. 

«On met de plus en plus d’efforts pour essayer d’avoir un meilleur comportement humain dans le métro et le réseau d’autobus.» – Craig Sauvé, élu de Projet Montréal et vice-président de la STM 

Nouveau statut

La STM poursuit ses démarches afin d’obtenir le statut de constables spéciaux pour ses inspecteurs. Benoit Langevin a soulevé la possibilité que l’obtention de nouveaux pouvoirs par ceux-ci entraîne une hausse du nombre d’«abus» à l’égard des sans-abri dans le métro.

«On ne veut pas profiler personne. On ne veut pas ça nul part à Montréal dans notre système», a pour sa part assuré M. Sauvé. 

Les titres impayés, «pas une priorité»

L’an dernier, 5859 constats d’infraction de 150$ ont été remis à des personnes qui ont passé les tourniquets du métro sans payer. Il s’agit d’une hausse de 27% par rapport à la moyenne des deux années précédentes. 

«Quel est le vrai pourcentage des gens qui ne paient pas [dans le métro]?», a questionné le conseiller indépendant de Snowdon, Marvin Rotrand. En mai dernier, l’élu a déposé une motion en séance du conseil municipal afin de demander à la vérificatrice générale de Montréal de se pencher sur la question de la fraude dans le réseau de la STM. Celle-ci a toutefois été rejetée.

«Pour nous, ce n’est pas une priorité», a rétorqué M. Sauvé.

M. Sauvé a d’ailleurs reconnu que les amendes pour des cas de fraude dans le métro sont en hausse.