Patricia Lattanzio représentera les Libéraux à Saint-Léonard – Saint-Michel

Patricia Lattanzio représentera les Libéraux à Saint-Léonard – Saint-Michel
Photo: Archives | Alexandre ClaudePatricia Lattanzio représentera le Parti libéral du Canada lors des élections fédérales, qui auront lieu le 21 octobre prochain.

Dénouement d’une saga amorcée avec le retrait de la candidature de Hassan Guillet, le Parti libéral du Canada a dévoilé dimanche que Patricia Lattanzio représentera la formation dans la circonscription de Saint-Léonard – Saint-Michel.

« Je suis très contente. Le Parti libéral a toujours été mon parti, et il représente bien mes valeurs », révèle d’entrée Mme Lattanzio. Avocate de formation, elle est également conseillère de ville à l’arrondissement de Saint-Léonard et commissaire à la Commission scolaire English-Montréal.

Elle confie avoir appris la nouvelle dimanche, peu avant que le Parti n’en face l’annonce officielle. Lors de la course à l’investiture, elle avait terminé au deuxième rang, derrière Hassan Guillet.

« Je veux être à l’écoute de tous les citoyens, pas seulement des Italiens. Le visage de la circonscription a beaucoup changé. Je serai à l’écoute de toutes les communautés, qui font de Saint-Léonard et Saint-Michel ce qu’ils sont aujourd’hui, ajoute-t-elle. Je crois en mon Parti, il représente les valeurs des citoyens de la circonscription, et je suis confiante que je serai leur porte-parole à Ottawa. »

Un désenchantement dans la circonscription

Selon certains, un mécontentement envers le Parti libéral plane au sein de la communauté italienne. Dominic Perri, conseiller de ville à l’arrondissement de Saint-Léonard, avait soutenu le candidat libéral, M. Di Iorio, lors de la dernière campagne fédérale. Son allégeance a toutefois basculé. « Je pense qu’à un moment, il faut se questionner. Ce n’est pas parce qu’on a toujours voté libéral qu’il faut continuer ainsi. »

Il exprime une insatisfaction, généralisé selon lui, à l’égard du Parti libéral, en raison notamment de la légalisation du cannabis, mesure particulièrement impopulaire dans l’arrondissement, ainsi que du cafouillage concernant les excuses envers la communauté italienne. Pour lui, un vent de changement souffle sur la circonscription.

« Au niveau fédéral, on ne peut pas voter séparément pour un programme et pour des candidats, rappelle M. Perri. Ils sont parfois récompensés pour les réalisations du gouvernement, mais peuvent aussi payer pour ses mauvais coups. C’est un peu ce qui arrive maintenant avec Mme Lattanzio. »

Ancien député de la circonscription, Nicola Di Iorio indique recevoir beaucoup d’appels de citoyens fustigeant le Parti libéral, et y réclamant une plus grande transparence. « En 2019, les chiffres donnant gagnant Ilario Maiolo [candidat conservateur] ont forcé le Parti à retracer des faits connus et exclure le candidat, affirme-t-il. Mon parti s’imagine que ces gens vont tout pardonner, mais ce n’est pas ce que les gens disent. »

« Je ne suis pas de cet avis, je connais bien les personnes de Saint-Léonard et Saint-Michel. Ce n’est pas ce que j’entends, croit pour sa part Mme Lattanzio. C’est plutôt le contraire, ceux qui sont libéraux sont bien contents de pouvoir continuer à appuyer le Parti lors des prochaines élections. »

Hassan Guillet étudie ses options

Pour sa part, Hassan Guillet, dont la candidature a été écartée par le Parti libéral, se dit déçu de ce dénouement, sans en être toutefois surpris. « On a senti dès le départ, avant, pendant, et après l’investiture, que le Parti ne voulait pas qu’on gagne, soutient-il. Ils sont passés par une autre méthode et ils ont sorti des renseignements qu’ils connaissaient, juste avant les élections, pour être capables d’imposer quelqu’un de non-élu. »

Il se désole que les représentants du Parti libéral aient accepté sa candidature, si c’était pour la rejeter par la suite. « Plutôt que de nous laisser travailler sur la solution qu’on avait établie ensemble, ils sont venus par en arrière faire avorter le processus de dialogue, accuse-t-il. Ils auraient dû [y réagir] dès le départ. »

Il dévoile étudier toutes les autres possibilités pour la suite, n’excluant pas l’idée de se représenter en tant que candidat indépendant.