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Bureau de projet de la ligne rose: une coquille vide?

Bureau de projet de la ligne rose: une coquille vide?
Photo: Projet MontréalProjet de ligne rose de Projet Montréal

Un an après sa création, le bureau de projet de la ligne rose de la Ville de Montréal n’a réalisé aucun mémoire ni aucun bilan de ses activités, a appris Métro. Une situation qualifiée de «gaspillage de fonds publics» par deux élus.

L’an dernier, la Ville de Montréal avait annoncé la création d’un comité d’experts sur son projet de ligne rose du métro de Montréal. Celui-ci a alors reçu un financement de 1 M$ de la part de l’administration municipale.

En campagne électorale, Projet Montréal avait détaillé son projet comme étant une ligne de métro diagonale de près de 30 kilomètres qui relierait Montréal-Nord à Lachine en passant par les quartiers centraux et le centre-ville. 

Actuellement, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) s’affaire à réaliser les «études préliminaires» en prévision de rédiger «une fiche d’avant-projet». Le comité d’experts de la Ville doit, quant à lui, étudier ce projet d’un point de vue d’«aménagement du territoire», explique à Métro le conseiller aux affaires publiques de l’ARTM, Simon Charbonneau.

«Ce sont deux expertises qui sont complémentaires», ajoute-t-il.

Or, grâce à une demande d’accès à l’information, le conseiller indépendant de Snowdon, Marvin Rotrand a appris qu’aucun document n’a encore été produit. «Ils nous ont dit qu’ils avaient un réel projet, qui peut se faire avec un prix réaliste et dans un temps réaliste et maintenant, nous n’avons rien de ça. Ils ont produit zéro documentation», a-t-il déploré. 

Études confidentielles

Lors d’un entretien avec Métro, en avril dernier, le directeur du bureau de projet de la ligne rose de la Ville, David Therrien, s’était montré confiant que son équipe réussirait à faire avancer ce projet d’ici la fin du premier mandat de Mme Plante.

Questionné par Métro, M. Charbonneau n’a pas voulu détailler les études en cours sur le projet de la ligne rose, tant par l’ARTM que par la Ville.

«Les travaux de ces deux bureaux ne sont pas de nature publique à cette étape-ci», a-t-il déclaré.

«Ils ont attiré les électeurs en leur promettant un projet pour lequel aucune étude n’a encore été réalisée.» – Marvin Rotrand, conseiller indépendant de Snowdon

«Gaspillage d’argent»

Les informations obtenues par Métro ont fait fustiger le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez.

«On n’est aucunement surpris d’apprendre que le Bureau de la ligne rose n’a rien fait à date depuis sa création. C’est un exemple concret du gaspillage d’argent des payeurs de taxes de la Ville de Montréal», a-t-il réagi.

L’élu entend d’ailleurs interpeller la Ville à ce sujet pendant l’étude du prochain budget, qui sera déposé le 25 novembre. L’administration municipale pourrait alors renouveler le financement de ce bureau de projet.

«On va leur demander un compte rendu. […] On veut savoir où est allé cet argent-là avant qu’on mette un autre million là-dedans.» – Lionel Perez, chef d’Ensemble Montréal

La Ville se défend

Appelée à réagir, la Ville a justifié l’absence d’études complétées par son bureau de projet par le fait que le projet de la ligne rose «a rapidement évolué» dans les derniers mois.

En juin dernier, le gouvernement du Québec s’est engagé à étudier la création d’une ligne de tramway entre Lachine et le centre-ville, ce que Mme Plante a qualifié de «tronçon ouest de la ligne rose». Le bureau de la Ville a donc dû «reprioriser le travail amorcé», a indiqué par écrit l’attachée de presse du comité exécutif, Laurence Houde-Roy.

Depuis cette annonce, le comité d’experts travaille de pair avec Québec afin de «dégager une vision pour le projet qui intégrerait le réaménagement de la rue Notre-Dame et l’insertion d’un lien en transport collectif d’est en ouest». 

«Le bureau de projet travaille en parallèle à documenter les bénéfices en matière de transport collectif entre le centre-ville et Montréal-Nord pour continuer à développer le concept d’un lien structurant en transport collectif», a ajouté Mme Houde-Roy. 

Ces propos laissent toutefois M. Rotrand sceptique.

«Je pense que ce bureau va disparaître parce qu’il ne sert à rien», a-t-il laissé tomber.