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Enquête sur le climat de travail «malsain» dans Côte-des-Neiges

Enquête sur le climat de travail «malsain» dans Côte-des-Neiges
Photo: Archives MétroAlain Bond, le controleur général de la Ville de Montréal

Le contrôleur général de la Ville, Alain Bond, enquête sur le climat de travail «malsain» au sein du bureau de la mairesse de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery.

La nouvelle a d’abord été dévoilée vendredi par TVA Nouvelles. C’est le style «autoritaire» de la directrice de cabinet de Mme Montgomery, Annalisa Harris, qui serait problématique.

Mme Montgomery est une élue de Projet Montréal, le parti de Valérie Plante. L’ancienne journaliste de The Gazette est active en politique municipale depuis quelques années. Elle s’était battue en Cour pendant plusieurs années, accusant le citoyen Robin Edgar d’harcèlement.

Il s’agit de la deuxième enquête pilotée par le contrôleur de la Ville dans un arrondissement de Projet Montréal cette année. Des allégations de harcèlement avaient été formulées l’été dernier à l’égard de la mairesse de l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc Extension, Giuliana Fumagalli. Insultes, colères, propos racistes; plusieurs manquements avaient ainsi été reprochés à Mme Fumagalli. Celle-ci aurait notamment déclaré à propos d’une employée du bureau: «Elle est handicapée, elle n’est capable de rien faire».

L’opposition furieuse

Appelé à réagir, le chef de l’opposition officielle, Lionel Perez, s’est dit «très préoccupé» par la situation. M. Perez siège dans l’arrondissement de Mme Montgomery, représentant le district Darlington. «C’est quelque chose qu’on n’a jamais vu à Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, et je suis élu depuis plus de dix ans», déplore-t-il.

L’élu estime qu’une pareille gouvernance «n’avantage en rien les citoyens».

«Des frictions entre les hauts dirigeants, les fonctionnaires et le cabinet, ça retarde les projets et ça peut même amener des personnes à prendre des congés maladies.» -Lionel Perez, chef de l’opposition

Son parti appelle la mairesse Sue Montgomery à «s’imposer et à faire le nécessaire» pour réduire le «climat malsain et hostile» au sein de son personnel.

«C’est absolument nécessaire, tranche-t-il. Récemment, Mme Montgomery a interdit aux élus de parler aux directeurs d’arrondissement. Or, moi comme élu, j’ai le mandat de la population de transiger avec eux pour faire avancer des dossiers. C’est une directive carrément antidémocratique.»

Au-delà de l’arrondissement, M. Perez demande à la mairesse de Montréal Valérie Plante de «passer des messages».

«On a changé notre code de déontologie pour justement éliminer le harcèlement psychologique par les élus. Il faut que les personnes embauchées y adhèrent», illustre-t-il.

L’opposition attendra toutefois les recommandations du contrôleur général avant de demander des excuses formelles de l’arrondissement.

En point de presse, Mme Plante a demandé à ce qu’on laisse l’enquête «en bonne et due forme» suivre son cours à Côte-des-Neiges.

«Pour moi, quand il est question de relations de travail, je n’hésite jamais à poser les gestes qui sont nécessaires pour m’assurer que tous les employés se sentent en sécurité et se sentent bien dans leur milieu de travail», a assuré la mairesse de Montréal.

Affaire non-politisée?

Interpellée par Métro, l’attachée de presse au cabinet de Sue Montgomery, Catherine Cadotte, a indiqué que l’enquête en cours porte sur le «climat de travail» au sein de l’arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.

«Ça ne cible pas directement la mairesse», a-t-elle précisé.

Mme Cadotte a d’ailleurs critiqué les réactions de l’opposition officielle à l’égard de ces révélations.

«On prend ça très au sérieux […] C’est pour ça qu’on demande à l’opposition de ne pas politiser cette affaire», a-t-elle souligné, ajoutant qu’il s’agit d’un «dossier extrêmement important».