Montréal

Itinérance: l’opposition demande des mesures hivernales immédiates

Itinérance: l’opposition demande des mesures hivernales immédiates
Photo: Yves Provencher/Métro

L’opposition officielle à l’hôtel de ville demande à l’administration Plante de mettre en place des mesures d’urgence pour les itinérants avant le début du mois de décembre, date habituelle du lancement des mesures hivernales. Le parti veut ainsi éviter que des personnes en situation d’itinérance soient contraintes de dormir au grand froid, vu l’hiver hâtif.

L’unité de débordement de l’hôpital Royal-Victoria ouvrira ses portes seulement le 2 décembre. Celle-ci fait partie d’un ensemble de mesures offertes par la Ville durant la saison froide, qui prévoit notamment davantage de places dans les installations existantes.

Ce mois de novembre anormalement froid a toutefois pris de court les refuges de la métropole.

C’est le cas à la Mission Old Brewery, qui dispose de 325 lits, dont 45 sont réservés aux femmes. Or, la demande est si forte depuis la semaine dernière que le refuge accueille quotidiennement 65 personnes supplémentaires. Celles-ci doivent passer la nuit assises sur les chaises de la cafétéria, faute de lits disponibles.

Situation semblable à la Mission Bon Accueil, déplore son président-directeur général, Samuel Watts, qui accueille aussi des sans-abri dans la cafétéria de son refuge depuis quelques jours.

«Si on n’a pas de places chez nous, on essaie d’en trouver dans d’autres refuges. Mais en ce moment, la réalité, c’est qu’il y a plus de besoins que de places disponibles.» -Samuel Watts, président-directeur général de la Mission Bon Accueil 

Mesures d’urgence réclamées

Cette situation a soulevé l’ire du porte-parole d’Ensemble Montréal en matière d’itinérance, Benoit Langevin. Lundi, ce dernier a interpellé la Ville afin de lui demander de mettre en place des mesures d’urgence pour répondre à la demande jusqu’à ce que l’hôpital Royal-Victoria ouvre ses portes.

Cette ressource, qui ouvrira un mois et demi plus tôt cet hiver, offrira 150 lits aux itinérants et à leurs animaux de compagnie. Cela portera à 1104 le nombre total de lits disponibles à Montréal cet hiver.

«Il reste 13 jours [avant l’ouverture de l’unité de débordement] durant lesquels une personne itinérante pourrait avoir des problèmes de santé, voire mourir en raison de la température glaciale. Quel est le plan de l’administration pour rendre les services aux personnes itinérantes durant les 13 prochains jours?» a questionné le conseiller du district de Bois-de-Liesse à la séance du conseil municipale.

«Il faudrait que la Ville mette la main à la roue et débloque un fonds d’urgence», a ajouté l’élu.

En réaction, la responsable de l’inclusion sociale au comité exécutif, Nathalie Goulet, a assuré que la Ville fait tout en son possible pour répondre à la demande actuelle. Elle a souligné que les centres de jour ont prolongé leurs heures d’ouverture et que la Ville a inauguré la semaine dernière le nouveau centre Résilience Montréal, situé près du Square Cabot.

«Toutes les énergies sont mises à contribution, mais effectivement, ce que ça soulève, ce sont les besoins de financement supplémentaires pour les refuges et ça relève du ministère de la Santé et des Services sociaux», a ajouté Mme Goulet, renvoyant ainsi la balle à Québec.

Mesures hivernales

La ministre québécoise de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, ne ferme d’ailleurs pas la porte à une bonification des ressources offertes cet hiver.

«On est sensible à la situation. Si les mesures d’urgence ne sont pas suffisantes pour répondre aux besoins, on sera là», a assuré à Métro son attaché de presse, Alexandre Lahaie.

Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal ferme toutefois la porte à une ouverture prématurée de l’unité de débordement.

«Il nous reste un peu de recrutement d’employés à faire et de la formation aussi», a justifié son porte-parole, Justin Meloche. 

Face à ce constat, Samuel Watts estime qu’à l’avenir, la Ville et le réseau de la santé devraient mettre en place les mesures hivernales pour itinérants plus tôt, soit le 15 novembre.