Montréal
05:00 2 décembre 2019

Montréal veut élargir l’accès aux bacs de recyclage dans les lieux publics

Montréal veut élargir l’accès aux bacs de recyclage dans les lieux publics
Photo: TC Media / Isabelle Bergeron

Alors que la Ville s’est fixée des cibles ambitieuses de réduction des déchets, de nombreux lieux publics ne disposent toujours pas de bacs de recyclage. Une situation à laquelle elle entend s’attaquer dans les prochaines années.

La Ville a réservé près d’un demi-million de dollars dans son Plan triennal des immobilisations (PTI) 2020-2022 afin d’implanter des bacs de recyclage dans l’ensemble des bâtiments municipaux. Elle entend par ailleurs élargir cette initiative à «toutes les aires publiques, là où la fréquentation le justifie».

«C’est bien d’avoir des bacs [de recyclage] dans les lieux publics, mais si la matière qui s’y retrouve est contaminée, ça ne sert à rien», a réagi à Métro la coordonnatrice de la coopérative de solidarité Les Valoristes, Marica Vazquez Tagliero. 

En 2016, l’organisme a analysé la présence de déchets sur sept tronçons d’artères de la métropole et deux parcs pendant quelques jours. Cette étude avait notamment permis de constater la présence de nombreux articles à usage unique, comme des pailles et des gobelets, dans les bacs de recyclage publics. En fait, seulement 41% des articles dans ces bacs étaient «potentiellement recyclables». L’étude soulignait également la présence de milliers de déchets laissés par terre par les passants.

«Il y a une éducation à faire pour que ce soit déployé de manière efficace dans tous les bâtiments municipaux», convient le responsable des services aux citoyens à la Ville, Jean-François Parenteau. 

Dans les écoles aussi

Les bâtiments municipaux ne représentent d’ailleurs que la première étape pour la Ville, qui veut voir des bacs de recyclage, mais aussi de compostage, apparaître un peut partout dans la métropole.

«Le déploiement a déjà commencé et on continue. Ça va être la même chose avec l’institutionnel et le commercial», ajoute l’élu. 

La Ville a d’ailleurs annoncé jeudi dernier le lancement d’un projet pilote de collecte du compost dans 22 écoles de la métropole. Un projet que l’administration compte étendre aux 700 établissements d’enseignement de la métropole d’ici 2025.

Compostage

Après avoir procédé à l’implantation de bacs de compost dans les immeubles de huit logements et moins, la Ville compte s’attaquer à tous les autres bâtiments résidentiels de plus grande taille. Pour ce faire, elle a prévu dépenser 4,3 M$ d’ici 2022.

«Le déploiement dans les huit logements et plus, ça va être un gros effort, mais ça va apporter beaucoup parce que ce sont de grandes quantités [de matières organiques]», souligne l’élu de Projet Montréal.

Les défis à cet égard reposent essentiellement sur «le cadre bâti», qui varie d’un immeuble à logements à l’autre. La Ville ne pourra donc pas adopter une solution unique pour tous les édifices, explique M. Parenteau

Éviter les fraudes

L’an dernier, une enquête du Bureau de l’inspecteur général (BIG) a fait la lumière sur les pratiques malveillantes de l’entreprise Services environnementaux Richelieu. Cette dernière faisait payer la Ville pour l’élimination de déchets provenant de plusieurs municipalités de la Montérégie. Cette enquête avait montré du doigt les mécanismes de contrôle défaillants de la Ville en matière de gestion des collectes de déchets.

Puis, en septembre dernier, un autre rapport du BIG faisait état de nombreux «manquements» dans la gestion des sols contaminés par la Ville. L’inspectrice générale Brigitte Bishop y constate notamment que le contrôle de la Ville décroit progressivement à chaque étape du processus qui mène à l’élimination de ces sols.

Afin de «réduire le risque de fraude», la Ville a donc prévu dépenser près de 1,4 M$ au cours des trois prochaines années dans la création d’«applications informatiques de la gestion des matières résiduelles». Ces dernières permettront entre autres à la Ville de mieux encadrer la gestion des contrats de collecte ainsi que le transport et le traitement de ces matières.

«On veut s’assurer d’avoir un suivi encore plus serré que ce qu’on a actuellement. Comme ça, ça va permettre que si des gens viennent court-circuiter la chaîne de collecte, on va le savoir tout de suite», souligne M. Parenteau.