Montréal

REM: des chauffeurs de la STM s’inquiètent pour le réseau du bus

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Le STM est en cours de consultations publics afin de revoir son réseau de bus. Photo: Pablo Ortiz/Métro

Le Syndicat des chauffeurs de la Société de transport de Montréal (STM) s’inquiète pour l’avenir à court terme du réseau de bus dans la métropole, alors que de nouveaux services de navettes en autocars seront mis sur pied en janvier pour compenser les usagers affectés par les travaux du REM.

«Si on se met à dégarnir les lignes pour desservir le REM, ça va être l’enfer sur l’île de Montréal dans les semaines et les mois à venir. Moi, j’ai une grosse inquiétude avec ça», explique à Métro le président de l’organe syndical, Renato Carlone.

Cette situation «préoccupante» s’ajoute au fait que le réseau est déjà en état de précarité, selon lui.

«On manque de bus depuis plusieurs mois déjà. Plusieurs ne sont pas prêts à sortir. C’est une réalité avec laquelle on compose.» -Renato Carlone, président du syndicat

Une lueur d’espoir serait toutefois à l’horizon, dit M. Carlone, alors qu’une trentaine de nouveaux bus hybrides sont attendus dès l’an prochain. Cela pourrait soulager le réseau. «Selon ce que j’entends, on devrait être capable de mieux respirer avec ça», illustre-t-il.

Bus trop gros

La STM participe aux mesures de mitigation pour palier la fermeture du tunnel du mont Royal pendant les travaux du Réseau express métropolitain. Des navettes devaient initialement partir du garage Côte-Vertu, dans Saint-Laurent.

Seul hic: la taille et la hauteur de ces autocars les empêchent de passer les portes. La direction a donc décidé que le centre de transport Stinson serait leur point de départ.

D’après des documents internes consultés par Métro, la STM a offert une prime financière «exceptionnelle» aux chauffeurs de Côte-Vertu pour qu’ils changent de garage afin de conduire les nouvelles navettes. L’offre aurait toutefois été refusée par le syndicat.

«On est prêts à conduire les autocars, tant et aussi longtemps que notre convention collective est respectée et qu’on est formés pour ça. Aller chercher les autocars ailleurs, ça ne rentre pas dans notre convention collective», illustre le porte-parole syndical.

Résultat: les navettes ne pourront être conduites que par des employés du centre Stinson.

Contexte «exceptionnel» pour la STM

À la STM, le porte-parole Philippe Déry reconnaît que la pression actuelle sur le réseau des bus est «exceptionnelle». Cependant, il assure que les nouvelles navettes du REM n’auront pas d’impacts sur le service régulier de la STM, du moins, pour le moment.

«On ne retirera pas de chauffeurs ni de bus du réseau actuel. On dispose d’une quantité suffisante d’employés, et on s’assure d’avoir une marge de manœuvre assez large en louant des autocars.» -Philippe Déry, porte-parole de la STM

La STM compterait par ailleurs sur un coussin confortable de ressources, après avoir procédé à «plusieurs nouvelles embauches» il y a quelques semaines pour préparer la venue de ses nouveaux bus hybrides.

Système fragile

En date du 11 décembre, environ 1315 bus étaient en service sur les routes de la métropole, plaçant la STM en situation de sous-effectifs. «On considère qu’en bas de 1350 véhicules, c’est vraiment critique pour la livraison du service, dit le directeur général, Luc Tremblay. Le premier jalon qu’on cherche à atteindre, c’est celui-là. Et on fait tout ce qu’on peut pour y être, le 6 janvier.»

De 2012 à 2018, le réseau d’autobus de Montréal a perdu près de 34 millions de passages individuels, soit une moyenne d’environ 5 millions par année, selon des données obtenues par Métro il y a quelques semaines.

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