Montréal
17:15 5 février 2020 | mise à jour le: 5 février 2020 à 17:52 temps de lecture: 4 minutes

Locaux vacants: vers une augmentation du nombre de Airbnb sur Saint-Denis?

Locaux vacants: vers une augmentation du nombre de Airbnb sur Saint-Denis?
Photo: Zacharie Goudreault/ MétroUn local vacant sur la rue Saint-Denis.

Le nombre de logements de type Airbnb sur la rue Saint-Denis pourrait augmenter alors que l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal vient d’assouplir ses règles de zonage afin de réduire le nombre de locaux vacants sur ses artères commerciales.

Lundi, l’arrondissement a adopté des changements de zonage qui visent à aider au dynamisme de ses artères commerciales, notamment l’avenue du Mont-Royal et la rue Saint-Denis. Les nouvelles dispositions permettent entre autres aux commerces d’avoir de plus grands locaux. L’arrondissement vient aussi réduire la distance minimale entre deux bars, qui passe de 150 à 50 mètres.

Les nouvelles dispositions de l’arrondissement viennent par ailleurs faciliter la conversion de locaux commerciaux vacants en appartements. Puisque l’hébergement de courte durée de type Airbnb est permise sur une partie du boulevard Saint-Laurent et de la rue Saint-Denis, la conversion de ces locaux en ce type de logements sera aussi possible sur ces deux artères.

«Où nous avons des locaux vides, ça pourrait devenir du résidentiel ou des gîtes touristiques», a confirmé mercredi le maire du Plateau-Mont-Royal et responsable du développement économique à la Ville, Luc Rabouin, lors d’une conférence de presse tenue dans l’ancien Mexx.

Le bâtiment, qui était vacant depuis 2015, a récemment trouvé un nouveau preneur. La société immobilière qui possède maintenant celui-ci compte réserver le rez-de-chaussée à des commerces et le premier étage à des appartements de type Airbnb.

Crise du logement

«Ça va être bien plus payant pour [les promoteurs] de faire du Airbnb que du logement locatif», lance la coordonnatrice du Comité logement du Plateau-Mont-Royal, Carole Boucher. 

L’organisme de défense des droits des locataires aurait souhaité que l’arrondissement prévoit une clause dans ces changements réglementaires afin de limiter la conversion des locaux vacants en appartements destinés uniquement au marché locatif conventionnel.

«C’est ce qu’il faut faire pour faire face à la crise du logement», estime Mme Boucher. 

Selon les plus récentes données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, seulement 1,5% des logements locatifs du Grand Montréal étaient libres à la fin de l’année 2019. Ce pourcentage chute d’ailleurs sous la barre du 1% dans plusieurs arrondissements centraux de la métropole.

Ces changements de zonage constituent une des mesures inscrites au plan de relance de la rue Saint-Denis, dévoilé en août 2019.

«Ça va contribuer à maintenir une continuité commerciale, mais aussi à nous assurer qu’il y ait le moins de locaux vacants possibles.» -Luc Rabouin, maire du Plateau-Mont-Royal

Des Airbnb pour la vitalité commerciale

En entrevue à Métro, la directrice générale de la Société de développement commercial (SDC) de la rue Saint-Denis, Kriss Naveteur, a dit voir d’«un bon oeil» ces changements de zonage. Elle se réjouit de la possibilité que l’augmentation du nombre de logements de type Airbnb sur l’artère puisse contribuer à son dynamisme commercial. 

«À partir du moment où les touristes ont leur hôtel sur notre rue, c’est un bel apport pour les commerces», estime Mme Naveteur. Cela pourrait aussi aider à réduire le nombre de locaux commerciaux vacants, qui nuisent à l’image de plusieurs artères de la métropole.

Le taux d’inoccupation des locaux de l’artère, qui était de 23% en janvier 2019, a baissé à 19% en date de décembre dernier, selon des données de la SDC Saint-Denis. L’artère a d’ailleurs accueilli 50 nouveaux commerçants l’an dernier.

«Je pense que c’est un moyen raisonnable de dealer avec les locaux commerciaux vacants sur Saint-Denis […] C’est un pas intéressant», estime le professeur d’urbanisme à l’Université McGill, David Wachsmuth, au sujet de ces changements de zonage. 

Selon lui, la problématique principale entourant Airbnb réside plutôt dans la présence de nombreux logements à louer sur des plateformes de ce type à l’extérieur des zones permises dans l’arrondissement.

 

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