Montréal
05:00 19 février 2020 | mise à jour le: 19 février 2020 à 07:43

Changements climatiques: Montréal pourra-t-elle préserver ses patinoires extérieures?

Changements climatiques: Montréal pourra-t-elle préserver ses patinoires extérieures?
Photo: Archives/Métro

Le nombre de patinoires extérieures à Montréal diminuera au cours des prochaines années à cause des changements climatiques, prévient un expert. Cet enjeu compte d’ailleurs parmi les préoccupations de la Ville sur lesquelles des chercheurs universitaires seront appelés à se pencher mercredi.

Selon une étude publiée en 2015 par des chercheurs de l’Université Wilfrid-Laurier sur les conditions de patinage dans 10 villes canadiennes, la hausse des températures est en voie de limiter «la possibilité de pratiquer le patin à glace en plein air». Concrètement, les chercheurs prévoient que le nombre de jours de patinage sur des surfaces naturelles diminuera de 34% par hiver à Toronto et à Montréal, d’ici 2090. 

«Malheureusement, c’est inévitable parce que les changements climatiques se passent actuellement», évoque à Métro le professeur au Département de géographie et d’études environnementales à l’Université Wilfrid-Laurier, Robert McLeman. Ce dernier est derrière le projet RinkWatch, qui suit depuis 2013 l’évolution des conditions de patinage de plus de 1400 patinoires extérieures en Amérique du Nord. 

Enjeux hivernaux

Mercredi matin, une quarantaine de chercheurs universitaires se réuniront à la Maison des Régions, à Montréal, dans le cadre d’un événement intitulé Synergie Émergence Recherche Industrie (SÉRI). Ces experts devront alors se pencher sur plus d’une quinzaine de défis soumis par la Ville portant sur l’adaptation aux changements climatiques dans un contexte hivernal, dont la question des patinoires.

Parmi ceux-ci, on retrouve entre autres l’importance d’utiliser des abrasifs écologiques et de mieux réagir aux périodes de gel et de dégel, qui contribuent à la formation de nids-de-poule en plus de rendre les trottoirs glacés.

On retrouve également, dans la liste de la Ville, l’importance de trouver des moyens de préserver les patinoires extérieures à Montréal.

«Comment entretenir les glaces extérieures? Comment faire que les familles, les jeunes et les moins jeunes, puissent continuer à utiliser nos infrastructures l’hiver? C’est un défi important», a souligné le responsable de l’innovation et de l’enseignement supérieur à la Ville, François W. Croteau. Ce dernier a donné un point de presse mardi à l’hôtel de ville au sujet de cette initiative. 

Patinoires réfrigérées

Actuellement, Montréal compte 263 patinoires, dont huit qui sont réfrigérées. Il y a notamment la patinoire du lac aux Castors, au parc du Mont-Royal, et celle du Vieux-Port.

Afin d’offrir du patinage tout l’hiver à ses citoyens, la Ville pourrait donc augmenter le nombre de surfaces réfrigérées dans la métropole, évoque McLeman. 

«Ça coûte cher. Il faut voir si on est prêt à faire des investissements pour faire ces changements.» – Robert McLeman, professeur au Département de géographie et d’études environnementales à l’Université Wilfrid-Laurier

Ce ne sera donc pas une décision facile à prendre pour la Ville, d’autant plus que les patinoires réfrigérées soulèvent un enjeu environnemental relié à la consommation d’énergie par celles-ci.

«On tombe dans un cercle vicieux. On ne peut pas avoir des patinoires naturelles en raison des gaz à effet de serre, donc on va produire encore plus de gaz à effet de serre en créant des patinoires réfrigérées», soulève l’expert. 

Marquage au sol

Les chercheurs universitaires qui participeront à cet événement, qui proviennent notamment de l’Institut national de santé publique du Québec, devront par ailleurs se pencher sur des moyens d’augmenter la durabilité du marquage au sol. Chaque hiver, celui-ci s’efface après seulement quelques mois à plusieurs endroits, venant ainsi nuire à la sécurité des piétons et des cyclistes.

«On enlève chaque hiver, bon an mal an, trois millimètres d’asphalte. […] Ce qui veut dire que systématique, en déneigeant, on enlève le marquage au sol», a évoqué M. Croteau. La Ville doit donc trouver un moyen pour faire en sorte que la délimitation des traverses piétonnières et des bandes cyclables puisse résister au passage des déneigeuses à l’avenir.

Dans son Plan d’action Vision Zéro, la Ville indique qu’elle entend mettre à l’essai et adopter des techniques de marquage au sol «plus durables» dès 2020.

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