Montréal
19:27 24 février 2020 | mise à jour le: 24 février 2020 à 19:55

Un projet immobilier dans un secteur patrimonial du centre-ville fera l’objet d’une consultation publique

Un projet immobilier dans un secteur patrimonial du centre-ville fera l’objet d’une consultation publique
Photo: Josie Desmarais/MétroLe projet immobilier implique la destruction de trois bâtiments, tandis que la maison George-Young, à droite, sera conservée.

Un imposant projet immobilier de plus de 200 logements prévu dans un secteur patrimonial du centre-ville de Montréal fera bientôt l’objet d’une consultation publique, a constaté Métro.

C’est le promoteur immobilier Peter Sergakis, qui possède plusieurs bars et restaurants de même que des milliers de logements à Montréal, qui est derrière ce projet.

Celui-ci prévoit la destruction de trois bâtiments situés sur la rue Sainte-Catherine Ouest, près de la station de métro Guy-Concordia, pour construire un complexe immobilier de 15 étages qui comprendra 202 logements et des commerces au rez-de-chaussée.

«On a suivi les recommandations de la Ville. On a fait un projet pour améliorer le quartier», affirme M. Sergakis en entrevue à Métro

Patrimoine immobilier

Le promoteur travaille depuis plus de quatre ans sur ce projet qui doit respecter plusieurs contraintes. Celles-ci proviennent notamment du fait que l’emplacement convoité est situé au coeur du Village Shaughnessy, un site patrimonial jugé «exceptionnel» où l’on retrouve plusieurs maisons de style victorien.

C’est d’ailleurs le cas de la maison George-Young, construite en 1870, qui fait partie du projet immobilier. Les plans architecturaux prévoient le maintien de la façade de ce bâtiment en pierre à l’intérieur duquel pourraient se trouver des logements et des commerces.

«On n’aime pas ça [de conserver seulement la façade], mais on sait que c’est un enjeu très actuel», souligne à Métro le directeur général d’Héritage Montréal, Dinu Bumbaru. 

En matière de verdissement, le projet inclut l’aménagement de jardins et de deux terrasses verdies au sein du complexe immobilier. Ce dernier comprendrait en outre 94 cases de stationnement réparties sur deux niveaux au sous-sol.

Le site actuel est principalement composé de commerces. Les trois bâtiments que M. Sergakis souhaite démolir ne comptent ainsi que sept logements. Ce projet vise ainsi à répondre au besoin de densification dans le secteur, fait valoir le promoteur dans des documents soumis à la Ville.

«Ça peut être un monstre, mais ça peut aussi être un projet qui va contribuer [au secteur]. Après, est-ce que ça va devenir des Airbnb? Il faut voir.» -Dinu Bumbaru, directeur général d’Héritage Montréal

Aucun logement social

La mouture actuelle du projet comprend l’inclusion de 27 logements abordables. M. Sergakis prévoit par ailleurs accorder 725 000$ à la Ville pour compenser l’absence de logements sociaux dans le projet. Cela représente environ 0,7% de la valeur du projet.

«Le logement abordable, c’est un concept élastique. Ce ne sera probablement pas abordable pour une grande majorité», a réagi la porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain, Véronique Laflamme.

Contactée par Métro, l’administration de Valérie Plante a confirmé que ce projet immobilier ne sera pas assujetti au règlement pour une métropole mixte. Celui-ci, qui entrevoit de rehausser les seuils minimaux de logements sociaux, abordables et familiaux, n’entrera en vigueur qu’en janvier 2021.

Ce futur complexe immobilier se veut d’ailleurs «principalement destiné à une clientèle de 55 ans et plus», indiquent des documents du promoteur.

«Pour nous, les apparences de discrimination sont importantes», évoque Mme Laflamme. 

Consultation publique 

Afin que ce projet puisse aller de l’avant, la Ville devra modifier la hauteur maximale permise sur ce site pour la faire passer de 25 à 45 mètres. Selon le promoteur, cela permettrait aux bâtiment qui se trouveront sur le site de respecter le cadre architectural des bâtiments voisins.

«On sait qu’on veut combattre l’étalement urbain, mais est-ce que ça veut dire qu’on n’aura plus de lumière sur Sainte-Catherine?», questionne M. Bumbaru. 

Face aux enjeux que pose le projet immobilier, la Ville a décidé de mandater l‘Office de consultation publique de Montréal (OCPM) pour qu’elle se penche sur celui-ci.

L’organisme paramunicipal, qui abordera tant les enjeux patrimoniaux que l’inclusion sociale du projet, devrait entamer les travaux à la fin mars ou au début avril en vue de remettre ses recommandations à la Ville cet été.

L’administration municipale pourrait ensuite trancher sur l’avenir du projet immobilier d’ici la fin de l’année.

«On espère que la Ville et les résidents vont être en faveur du projet», souhaite M. Sergakis. 

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