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Logement social: une tournée provinciale pour sommer Québec d’investir

Des manifestants du FRAPRU
Une manifestation du FRAPRU avait été tenue à l'occasion du dépôt du premier budget du gouvernement Legault, en février 2019. Photo: Josie Desmarais/Métro

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) lance mercredi une tournée de trois jours à travers la province qui culminera avec un rassemblement de 500 personnes devant l’Assemblée nationale, vendredi. Alors que Québec doit déposer en mars son budget annuel, l’urgence d’investir «massivement» dans le logement social se fait plus que jamais sentir, soutient l’organisme.

«On entend souvent dire des élus provinciaux qu’ils en font assez pour le logement social. Or, dans la réalité, c’est loin d’être le cas, explique à Métro la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme. On va avoir dix caravanes à travers la province pour rappeler les enjeux aux ministres de la CAQ.»

Depuis Montréal, un premier convoi d’autobus s’est rendu mercredi matin à Gatineau, où, à l’instar de la métropole, une grave crise du logement sévit. Si en 2018 dans la ville de l’Outaouais, le taux d’inoccupation du logement était de 0,7%, il a légèrement augmenté l’an dernier pour atteindre 1,8%, ce qui est encore bien en-deçà du «seuil d’équilibre» fixé à 3%. Dans la région, le loyer moyen a bondi de 10% en un an seulement.

«Des familles sont hébergées dans des motels ou des ressources d’hébergement temporaire qui débordent. Les logements neufs qui se construisent sont hors de prix. La seule voie à moyen-terme, pour sortir les gens de la précarité, c’est le logement social.» -François Roy, coordonnateur de Logemen’Occupe

Les impacts des changements climatiques

Les militants se rendront notamment dans le quartier Mont-Bleu, dont les résidents ont été durement frappés par des tornades il y a deux ans. L’objectif: mettre en lumière l’impact de la crise du climat sur la précarité au logement. «La rapidité avec laquelle les changements climatiques transforment les milieux de vie affecte aussi profondément le logement. Si on veut protéger les locataires plus vulnérables des intempéries, ça prend des investissements», illustre Véronique Laflamme.

Des dizaines de personnes se rendront au bureau de circonscription du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, à Gatineau, puis à celui du ministre l’Environnement, Benoit Charette, à Saint-Eustache. Le convoi terminera avec une visite dans les locaux du ministre des Finances, Éric Girard, à Sainte-Thérèse.

«On veut montrer que l’enjeu du logement concerne tout le monde, dit la porte-parole. Il y a beaucoup d’enfants, par exemple, qui sont victimes de discrimination pendant la recherche de logement, qui vivent de l’anxiété, du stress.»

Sur 244 000 ménages qui ont des besoins impériaux de logement, presque 50 000 ont au moins un enfant, d’après le FRAPRU. À Montréal, 27% des familles avec un enfant âgé entre 0 et 5 ans auraient un logement de «taille insuffisante».

Après l’Outaouais, des convois se rendront dans les Laurentides et en Lanaudière jeudi. Ils iront manifester devant les bureaux de la ministre de la Santé, Danielle McCann. D’autres iront rendre visite à la ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, vendredi à Montréal. Une dizaine de convois prendront la route de Québec, vendredi en après-midi, pour tenir une manifestation devant l’Assemblée nationale.

Québec prend la situation «au sérieux»

Appelée à réagir, la porte-parole de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), Bénédicte Trottier-Lavoie, est catégorique.

«Nous tenons à rassurer tout le monde, dont les membres du FRAPRU: notre gouvernement prend au sérieux l’enjeu de l’habitation dans toutes les régions du Québec.» -Bénédicte Trottier-Lavoie, attachée de presse de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation

Une rencontre a eu lieu le 16 janvier avec plusieurs organismes pour discuter de leurs préoccupations et des défis à relever en habitation, dit Mme Trottier-Lavoie.

Malgré tout, Québec indique qu’il apparaissait important de revoir en profondeur les programmes en place.

«Par la mise à jour de la grille des coûts maximums admissibles, nous allons faire passer le nombre d’unités de 40 703 à 56 174 unités. C’est une augmentation considérable», insiste l’attachée de presse. Elle soutient que les changements qui ont été apportés, en juillet 2019, ont «permis de faire sortir du «backlog» (unités qui n’étaient pas en chantier) plus de 2400 unités».

Le Bloc en veut plus

À Ottawa, mercredi, le député bloquiste de Longueuil-Saint Hubert, Denis Trudel, a sommé Ottawa de transférer «sans plus attendre» les sommes dues au gouvernement du Québec en matière de logement.

«Il y a actuellement une double crise: les gens ne sont pas capables de trouver des logements qui leur conviennent. Ils ne sont pas capables de payer pour se loger. Des milliers de familles au Québec sont dans des situations invivables et des gens qui sont maintenus ou poussés vers l’itinérance. C’est urgent de mettre fin à ça», a-t-il martelé.

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