Montréal
11:14 3 mars 2020 | mise à jour le: 17 mars 2020 à 08:54 temps de lecture: 3 minutes

Services publics: dénoncer la discrimination envers les femmes

Services publics: dénoncer la discrimination envers les femmes
Photo: Nouvelles Saint-Laurent News – Laurent LavoieDiana Nahass d’Auberge Transition, Ariane Vinet Bonin du CARI Saint-Laurent, Karina Zeballos d’Auberge Transition et Sofia Bitran de l’arrondissement Saint-Laurent viennent en aide aux femmes victimes de discrimination.

À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, des membres du Comité des organismes sociaux de Saint-Laurent (COSSL) espèrent donner une voix à des dizaines de femmes ayant subi de la discrimination dans les services publics afin de sonner l’alarme auprès des autorités gouvernementales.

Les histoires de ces femmes se sont produites tant dans le milieu de la justice, à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) que dans les centres d’aide médicale pour les victimes d’agressions sexuelles.

C’est le cas de Sylvie* qui a été victime de violence conjugale et a trouvé la force de quitter de son conjoint l’an dernier. Il avait alors été entendu qu’il lui laissait le logement.  Mais la pension alimentaire, les allocations gouvernementales et le bien-être social n’ont pas été suffisants pour convaincre le propriétaire de la garder.

«L’administration a refusé parce qu’elle disait que je serais incapable de payer le loyer», dit Sylvie, qui avait alors six mois pour trouver un autre toit.

Elle s’est tournée vers la Régie du logement pour avoir des réponses, sans succès. «Le propriétaire n’a pas le droit [de vous refuser], mais quand même, il doit se protéger», lui aurait-on dit.

La mère d’une fillette n’était pas au bout de ses peines. À quatre reprises, différents propriétaires lui refuseront la location d’appartement, faute d’avoir un emploi depuis sa rupture ou parce que son enfant était trop jeune.

Pendant ce temps, les démarches à l’aide juridique pour conclure sa séparation avec son ex-conjoint prenaient plus de temps que prévu, son avocate étant peu disponible et ne semblant pas la prendre au sérieux.

«C’est trop de stress, mais en même temps, on doit être une maman, être tout le temps avec son enfant. C’est sûr qu’on est triste et fâchée, on pleure», dit Sylvie.

La Laurentienne, qui est parvenue à se trouver un logement depuis, tente de tourner la page après cette période tumultueuse, espérant retourner bientôt sur les bancs d’école afin d’améliorer son sort.

Être entendues

Plusieurs autres femmes faisant appel aux organismes de Saint-Laurent font face à des difficultés financières ou des cas d’abus, par exemple.

«De se faire discriminer dans les services publics, ça ajoute un autre combat à leur situation», dit Karina Zeballos, coordonnatrice aux services externes de la maison d’hébergement Auberge Transition.

L’objectif principal du Comité femmes du COSSL, dont fait partie l’organisme, mais aussi le CARI Saint-Laurent, le Centre Accroche et le Centre des femmes, est qu’il y ait des changements sur le plan législatif pour que la discrimination disparaisse des services publics, et tout particulièrement celle faite aux femmes.

Les organismes laurentiens continuent de recueillir des témoignages pour voir l’ampleur de la problématique.

*Le nom de la personne a été changé par crainte de représailles.

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