Montréal
12:10 3 mars 2020 | mise à jour le: 3 mars 2020 à 16:07 temps de lecture: 4 minutes

La CAQ promet 1,1 G$ pour le réseau routier de Montréal d’ici 2022

La CAQ promet 1,1 G$ pour le réseau routier de Montréal d’ici 2022
Photo: (Photo: IDS/Verdun Hebdo - Archives)Dans sa Politique de mobilité durable, Québec se donne entre autres comme cible de réduire de 20% les dépenses des ménages en transport d'ici 2030.

À une semaine du dépôt du budget provincial, Québec promet d’investir 1,1 G$ pour «entretenir et améliorer» le réseau routier du Grand Montréal d’ici 2022. La plupart des fonds – soit 972 M$ – iront dans la réfection de structures lourdes, dont les tunnels Ville-Marie et Viger, ainsi que le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, qui recevront à eux seuls plus de 100 M$.

«L’entretien de nos routes engendre des retombées sociales et économiques importantes, a expliqué mardi la ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau. On parle de milliers d’emplois crées et maintenus chaque année à Montréal grâce aux chantiers.»

Un montant de 63 M$ est prévu pour une série d’aménagements rendant le réseau «plus sécuritaire». Quelque 48 M$ seront aussi réservés pour retaper la chaussée sur le réseau artériel de la métropole. À Dorval, l’échangeur se voit octroyer plus de 50 M$ pour sa rénovation complète.

Idem pour le pont Pie-IX, dont les travaux évalués à 200 M$ ont été reportés «indéfiniment» en septembre après une intervention du Protecteur du citoyen du Québec. «On attend la décision et on collabore au mieux. Ça a certainement un impact malheureusement, mais on ne peut rien y faire», a commenté l’élue provinciale à ce sujet.

L’échangeur Turcot recevra plus de 50 M$ pour entamer ses dernières phases de reconstruction dans Westmount et Montréal-Ouest. Si ce projet «très complexe» doit être achevé en 2020, plusieurs experts craignent toujours des retards. 

Une «nouvelle autoroute 40»

Dès le printemps, la reconstruction de la chaussée de l’A40 en direction est, entre les boulevards Morgan et Anciens-Combattants, permettra «un transport plus efficace et sécuritaire» des marchandises, d’après le gouvernement Legault. Ce dernier entamera également la réparation des ponts d’étagement dans l’échangeur Saint-Pierre, pour prolonger la durée de vie de ceux-ci.

Aux usagers exaspérés par les impacts sur la congestion que créeront ces travaux, la ministre Rouleau assure que des mesures «concrètes» seront mises en place. «Dans le tunnel La Fontaine, il y aura des voies réservées, des UAB (NDLR: systèmes d’utilisation d’accotement pour bus) et des stationnements incitatifs avec les services de bus requis», dit-elle, ajoutant que l’asphaltage est «déjà terminé».

«On est assez confiant que ça va bien fonctionner. Les gens pourront accéder à l’île de Montréal, puis retourner vers la Rive-Sud de manière très efficace.» -Chantal Rouleau

Québec espère faire en sorte que l’accotement de l’autoroute 30 serve d’UAB entre les axes 20 et 10. «Ça va donc se rendre jusqu’au REM directement. C’est un autre élément très important je pense», a fait valoir Mme Rouleau.

Des quais seront ajoutés pour agrandir la flotte d’autocars au métro Radisson, où la fréquence des wagons sera aussi augmentée, promet-on.

Toujours aucun report en vue

En décembre, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, avait demandé le report des travaux dans le tunnel La Fontaine. Elle estimait que la fermeture tardive du tunnel mont Royal, dans le cadre des travaux du REM, pourrait «asphyxier» les routes de la métropole.

«Si on n’est pas capables de bonifier de façon importante les mesures d’atténuation, il faut retarder les travaux du tunnel. Sinon, on va venir bloquer la circulation. J’ai peur.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Interpellée sur cette question, mardi, la ministre Rouleau a réitéré son opposition. «On a beaucoup discuté avec la mairesse Plante pour lui expliquer la teneur des travaux. Il n’y aura pas de report. On met en place les mesures», s’est-elle contentée d’expliquer.

En plus du maintien des actifs, le gouvernement souhaiterait aussi «réduire les risques des inondations», de concert avec la Ville de Montréal, alors que la période printanière des crues approche, tout en diminuant les émissions de GES.

«Nos structures existantes ont besoin d’amour. C’est le résultat de dizaines d’années de sous-investissement qu’on tente de renverser», a conclu la ministre Rouleau.

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