Montréal
14:57 2 avril 2020 | mise à jour le: 2 avril 2020 à 18:31 temps de lecture: 4 minutes

Pour sauver des postes, un distributeur de fruits et légumes livrera à domicile

Pour sauver des postes, un distributeur de fruits et légumes livrera à domicile
Photo: Collaboration spécialeHector Larivée est une entreprise familiale fondée au tournant des années 40.

Un important distributeur de fruits et de légumes se lance dans la livraison à domicile sur l’île de Montréal, à Laval et sur la Rive-Sud. Une plateforme mise sur pied «en un temps record» permettra dorénavant aux citoyens de commander leurs produits en ligne, et de les recevoir en 48 heures maximum, alors que les délais s’allongent dans les supermarchés du Québec.

«On ne fait pas ça pour faire de l’argent, mais surtout pour faire travailler notre monde et ainsi limiter les mises à pied temporaires», explique Guy Larivée, le président et directeur général de la compagnie familiale Hector Larivée, qui distribue des fruits et légumes par camions à travers le Canada.

Dans les dernières semaines, la grande majorité des clients du groupe – surtout des hôtels, des restaurants ou des traiteurs – ont fermé leurs portes.

«Plutôt que de desservir un milieu fermé qui est habituellement le nôtre, on s’est dits qu’on irait servir la population. C’est aussi une forme de soutien au secteur du commerce de détail. Il traverse des défis importants en ce moment.» -Guy Larivée, PDG d’Hector Larivée

En quelques jours seulement, le nouveau service aurait permis de réembaucher «des dizaines de personnes», autant des techniciens dans les entrepôts que des chauffeurs.

Lancée depuis la semaine dernière, mais officiellement dévoilée au public ce jeudi, la plateforme de livraison est maintenant prête à recevoir un volume élevé de commandes, affirme le PDG. «On a apporté les ajustements nécessaires pour que tout fonctionne bien, mais on voit déjà que les gens sont satisfaits. Maintenant, on veut répandre le message», dit-il.

Des règles «strictes» de livraison à Montréal

Reconnaissant qu’il ne peut contrôler les comportements des consommateurs, Guy Larivée assure toutefois que tout a été mis en place à l’interne pour limiter le risque de propagation de la COVID-19 dans son réseau de livraison à travers le Grand Montréal.

«On a une panoplie de règles strictes en entrepôt et dans nos camions. Nos employés prennent leur température, se lavent les mains et passent une inspection quotidienne. Ils portent évidemment des gants, et on leur demande de respecter les distances requises», lâche-t-il.

D’ailleurs, les heures de dîner et les quarts de travail de l’entreprise ont aussi été décalés pour minimiser les risques de transmission communautaire. «On fait ce qu’on peut pour agir dans la mesure de notre contrôle», dit M. Larivée.

Ce dernier implore toutefois les consommateurs qui utiliseront le service d’être prudents. «Ça devient une responsabilité citoyenne de limiter les contacts, et de ne pas partager les livraisons avec des voisins par exemple. C’est une question de gros bon sens», ajoute-t-il.

Le vélo est là aussi

Au nord du centre-ville, des magasins de la Plaza St-Hubert ont quant à eux fait appel à une entreprise spécialisée en transport par vélo pour livrer leurs marchandises dans un rayon de cinq kilomètres. Rosemont, La Petite-Patrie, Villeray et le Plateau-Mont-Royal sont ainsi desservis.

C’est l’entreprise La Roue Libre qui met à la disposition des commerces un livreur et un vélo électrique muni d’une remorque. Celle-ci peut transporter jusqu’à 250 kilogrammes d’aliments.

«La situation de la pandémie nous offre une opportunité exceptionnelle de démontrer l’efficacité de la livraison à vélo.» -Cédric Chaperon, fondateur de La Roue Libre

À Montréal, plusieurs projets de livraison à vélo ont aussi vu le jour dans les derniers temps. La société de développement commercial (SDC) d’Hochelaga dirige un projet pilote «écoresponsable» dans son quartier. Plus d’une dizaine de commerces participent. «Les livreurs se déplacent en vélo ou en camionnette électrique jusqu’à chez vous et ils déposent vos paquets devant la porte, sans aucun contact», explique l’organisme sur les réseaux sociaux.

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