Montréal
15:21 10 avril 2020 | mise à jour le: 10 avril 2020 à 15:27 temps de lecture: 4 minutes

Il faut généraliser les corridors sanitaires à Montréal, dit Piétons Québec

Il faut généraliser les corridors sanitaires à Montréal, dit Piétons Québec
Photo: Courtoisie PMRUne voie de stationnement a été retirée pour ériger le corridor sanitaire sur Mont-Royal.

Alors que les clôtures délimitant le nouveau «corridor sanitaire» étaient en cours d’installation vendredi sur l’avenue du Mont-Royal, Piétons Québec espère que l’initiative sera «généralisée». À terme, l’ensemble des artères de Montréal où se retrouvent des commerces essentiels ou des services de santé pourraient être visées pour faciliter le respect de la distanciation sociale, croit l’organisme.

«Ce n’est pas seulement sur Mont-Royal que les trottoirs sont plus étroits. On estime que ça pourrait être élargi partout où on observe une fréquentation accrue des piétons», explique la porte-parole de Piétons Québec, Jeanne Robin, en entrevue à Métro.

Plusieurs citoyens choisissent actuellement de circuler dans la rue actuellement pour garder une distance deux mètres avec les autres. Une situation certes «tolérable» pour le moment, qui devra toutefois être réévaluée lors de la reprise économique.

«Si la circulation automobile augmente parce que plus de gens recommencent à travailler, il va falloir mettre des mesures supplémentaires en place pour sécuriser les trottoirs, surtout aux abords du transport en commun.» -Jeanne Robin, de Piétons Québec

La réalité, ajoute-t-elle, est que «la cohabitation va se faire de façon moins aisée». «Il faut gérer l’immédiat et le moyen terme.»

D’ailleurs, Piétons Québec appelle les usagers motorisés à faire preuve de prudence sur les routes. Surtout en temps de pandémie. «On en voit encore qui font de l’excès de vitesse. Ils profitent que la rue soit libre pour accélérer. On doit plutôt redoubler de prudence. C’est la première chose à rappeler», lance Jeanne Robin à ce sujet.

Le corridor sanitaire, «un test» pour Montréal

Appelé à réagir, le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Rabouin, assure que si le projet-pilote se déroule bien, d’autres artères seront sécurisées. «On a recensé toutes les épiceries, les pharmacies et les SAQ sur plusieurs tronçons où il y a des files d’attente. C’est certain qu’on sera prêts à ajouter des corridors si l’expérience est positive en fin de semaine», explique-t-il à Métro.

«Ce n’est pas juste un projet-pilote pour le Plateau. C’est un test pour Montréal. En fonction de comment les gens vont réagir, on va partager l’expérience avec tous les arrondissements.» -Luc Rabouin, maire du Plateau-Mont-Royal

L’enjeu principal, dit celui qui a été élu en octobre dernier, est de «répondre à un problème important» aux abords de secteurs «critiques», dans un contexte d’abord et avant tout local.

«On ne veut pas que tout le monde se mette à venir marcher ici, ce n’est pas le moment. On priorise les déplacements et les achats vraiment essentiels», lance-t-il.

Ses propos font écho à ceux que la mairesse Valérie Plante a tenus mercredi.

«Ce n’est pas une invitation à magasiner ou se promener. C’est une mesure destinée aux personnes devant faire des achats essentiels et sécuritaires», a-t-elle dit.

Arrondissements en réflexion

Les employés de la Ville devraient conclure, en début de soirée lundi, l’installation des derniers aménagements du corridor sanitaire. D’une largeur de 4,5 mètres, entre la rue Fullum et l’avenue du Parc, il occupera deux allées de stationnement. Soit entre d’Esplanade et Papineau au sud, puis entre Papineau et Fullum au nord.

Jeudi, Radio-Canada rapportait que Westmount recommande dorénavant la marche «à sens unique» sur les trottoirs de l’arrondissement. Les piétons sont invités à marcher dans le sens de la circulation quand les rues sont à double sens. Et sinon, à éviter au maximum les contacts sur chaque artère.

À ce sujet, Piétons Québec émet «plusieurs réserves».

«Les gens qui souhaitent rejoindre un commerce ou leur domicile, qui se trouve de l’autre côté de la rue, se verront obligés de traverser au milieu de la rue. C’est périlleux pour les personnes à mobilité réduite, les enfants et les familles», martèle l’organisation, ajoutant qu’il est plutôt temps «d’allouer plus d’espace» aux piétons.

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