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16:17 12 mai 2020 | mise à jour le: 12 mai 2020 à 19:27

Montréal dépasse les 2000 décès, le déconfinement «probablement» reporté

Montréal dépasse les 2000 décès, le déconfinement «probablement» reporté
Photo: Archives MétroLa directrice régionale de la santé publique, Mylène Drouin

Alors que la situation de Montréal demeure «très préoccupante», la Direction régionale de la santé publique (DRSP) a confirmé mardi qu’il est «fort probable» que le déconfinement, incluant la réouverture des commerces non-essentiels et des écoles, soit de nouveau reporté. La date fixée, jusqu’ici, est celle du 25 mai prochain.

«On est en train de regarder pour une réouverture qui ne se ferait pas dans un bloc monolithique, a dit mardi la directrice de la santé publique de Montréal, Mylène Drouin. Il y a le volet commerces, écoles et garderies, mais il y a des secteurs à moindre risque qu’on pourrait rouvrir sans augmenter la transmission communautaire.»

Elle abonde ainsi dans le même sens que le premier ministre François Legault, qui a affirmé hier qu’il ne prendrait «pas de risque», évoquant même la possibilité que les écoles primaires montréalaises ne rouvrent pas avant le 1er septembre. Mardi, Québec a d’ailleurs fortement recommandé le port du masque en public.

Même si des progrès ont été faits depuis quelques semaines, notamment une stabilisation des hospitalisations et une légère baisse des admissions aux soins intensifs, la docteure Drouin estime que Montréal est «encore loin» d’avoir contrôlé le virus. C’est la condition primordiale que pose l’Institut nationale de santé publique (INSPQ) avant de procéder à un déconfinement.

«On voit une reprise [de la transmission] dans la communauté, d’où l’importance d’aller tester et de réaplanir la courbe.» -Mylène Drouin, directrice de la santé publique de Montréal

Objectif 3000 tests à Montréal

Il est possible d’en faire encore plus en matière de dépistage, avoue par ailleurs la DRSP. L’objectif serait d’arriver à effectuer 3000 tests par jour, en augmentant notamment la capacité dans les autobus de la STM qui sont déployés sur le terrain.

«On atteint une moyenne d’environ 1900 tests par jour. À cela s’ajoute nos trois unités mobiles qui font autour de 100 prélèvements par jour. On estime qu’on est capable d’aller jusqu’à 250. Avec les horaires qui deviendront plus réguliers, on souhaite que la population se présente», a expliqué mardi la directrice de la santé publique de Montréal, Mylène Drouin.

D’ici la fin de la semaine, les autorités mettront en circulation deux autres unités mobiles. «Si on voit que la demande est là, rien ne nous empêchera d’en ajouter», promet la directrice régionale.

Plus de 2000 décès

En date de mardi, la ville de Montréal comptait 19 878 cas confirmés du nouveau coronavirus, dont 386 s’étant déclarés au cours des 24 dernières heures. Un peu plus de 2000 décès sont survenus dans la métropole. De ce nombre, la grande majorité (85%) sont survenus dans des milieux de soins pour aînés, soit des CHSLD ou des résidences de personnes âgées (RPA).

Le réseau de la santé montréalais, lui, a encore «beaucoup de pain sur la planche» pour maîtriser les éclosions, estime Mme Drouin. Plus de 3740 travailleurs ont contracté le virus. Cela représente plus de 20% des cas totaux dans la région métropolitaine. La santé publique se dit «très consciente», à ce stade-ci, d’imaginer des «approches adaptées» dans les quartiers les plus chauds.

«Nous produirons des portraits hebdomadaires de l’évolution de la situation épidémiologique par quartier. Ils permettront de cibler les interventions territoriales à intensifier dans certains secteurs», précise un porte-parole au CIUSSS Centre-Sud, Éric Forest.


Un programme pour les aînés isolés

Pour inciter les personnes âgées à bouger et faire de l’activité physique, la DRSP a lancé mardi un nouveau programme intitulé «Le GO pour bouger». La plateforme proposera quotidiennement une série d’exercices, demandant un maximum de 15 minutes.

«C’est très important de garder notre masse musculaire très solide. Ça permet d’éviter de faire chutes, de garder le moral, bref garder notre vitalité.» -La Dre Paule Lebel, spécialisée en santé communautaire.

Le fait que le programme soit court «permettra de l’insérer très facilement dans sa routine quotidienne», ajoute-t-elle.

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