Montréal
13:20 19 mai 2020 | mise à jour le: 19 mai 2020 à 16:16

COVID-19: des «pitchs virtuels» pour l’avenir de la mobilité durable

COVID-19: des «pitchs virtuels» pour l’avenir de la mobilité durable
Photo: Archives MétroDepuis la mi-mars, l’achalandage a chuté de 80 à 90% dans le réseau de transport en commun de la région métropolitaine en raison de la pandémie. 

Une dizaine de startups provenant d’un peu partout dans le monde présenteront leurs idées pour l’avenir du transport dans quelques semaines à Montréal et ailleurs, dans un contexte de pandémie et d’insécurité dans l’industrie. Le Sommet mondial de la mobilité durable Movin’On, qui a été annulé dans la foulée de la crise sanitaire, chapeautera cet événement 100% virtuel, le 4 juin prochain.

Préserver les ressources, rendre la mobilité plus accessible, combattre la pollution de l’air; les présentations vont ratisser large. Chacune d’entre elles sera suivie par des questions de l’audience et une question de la part du jury, composé de plusieurs experts et chefs d’entreprises. Plus d’un millier de personnes devraient participer à l’événement numérique, selon les premières estimations.

À l’issue d’un vote public, les cinq meilleures entreprises obtiendront une place «tous frais payés» à l’édition 2021 du Sommet. Elles auront aussi accès à des programmes d’accompagnement «sur-mesure» pour développer leurs produits.

«Ça peut être de l’aide technologique, des compétences financières pour les aider dans leur levée de fonds, du soutien commercial pour atteindre de nouveaux marchés, des compétences juridiques», précise une porte-parole de Movin’On, qui coordonne l’activité.

L’exemple de GBatteries

GBatteries, une entreprise basée à Ottawa, est l’une des dix candidatures qui ont été sélectionnées par le jury. Sa mission est simple: accélérer l’adoption des véhicules électriques au Canada, en éliminant la «dernière barrière» d’adoption: celle du temps de chargement. «Notre but ultime, c’est que la charge d’un véhicule électrique prenne autant de temps que de mettre de l’essence, détaille la porte-parole du groupe, Casey Helmer, en entrevue avec Métro. C’est super ambitieux, mais à long terme, c’est possible.»

Si les prix des voitures électriques sont aujourd’hui plus abordables, et que des programmes de subvention à l’achat ont été mis sur pied, les sacrifices derrière une acquisition sont encore trop grands, ce qui restreint la croissance de l’industrie, selon la porte-parole.

«Il ne faut pas que les gens aient à changer leur comportement. On doit arriver à convaincre les gens qu’en passant à l’électrique, ils pourront encore faire leurs courses le dimanche, aller au bureau facilement, sans se soucier du temps de recharge.» -Casey Helmer, de GBatteries

Un algorithme autonome est derrière l’idée de l’entreprise, pour qui la pandémie de COVID-19 pourrait créer un certain «momentum» en faveur de l’électrification des transports. Le groupe affirme être le «pionnier» d’une technologie entièrement basée sur l’intelligence artificielle (IA) qui permet de charger des batteries de lithium «ultra-rapidement», et ce sans compromettre leur durée de vie.

«C’est trop souvent l’enjeu quand on charge une batterie rapidement: elle se dégrade aussi rapidement. Avec de bons logiciels, on peut toutefois contrecarrer cette tendance», dit Mme Helmer.

«S’attaquer à la peur» derrière la mobilité

Pour l’experte en transport des personnes à l’UQAM, Florence Junca-Adenot, la priorité en matière de mobilité durable est de s’attaquer à la peur des usagers. «Retrouver un achalandage normal en ajustant les horaires, les trajets, en misant sur le télétravail, sans avoir besoin d’investir davantage, c’est ça la priorité, dit-elle. Il ne faudrait pas que tout le monde se précipite sur le modèle de l’auto-solo.»

«La mobilité durable, c’est un beau concept, mais ça veut dire quoi concrètement? Ça signifie surtout moins voitures qui polluent sur nos routes.» -Florence Junca-Adenot, de l’UQAM

La spécialiste affirme qu’il faut aussi créer des incitatifs supplémentaires pour encourager au maximum l’usage des véhicules électriques, du vélo, de la marche et de l’autopartage. «Cette multimodalité, il va falloir la faire pour de vrai cette fois-ci. On ne peut plus se permettre d’avancer lentement», raisonne-t-elle.

Depuis la mi-mars, l’achalandage a chuté de 80 à 90% dans le réseau de transport en commun de la région métropolitaine en raison de la pandémie.

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