Montréal
15:58 27 juin 2020 | mise à jour le: 27 juin 2020 à 16:06

Réforme du PEQ: une journée d’action à travers le Québec pour demander son retrait

Réforme du PEQ: une journée d’action à travers le Québec pour demander son retrait
Photo: Zoé Magalhaes/Métro MédiaLa première manifestation contre la réforme du PEQ a eu lieu au Parc olympique le 30 mai dernier

«C’est la dernière ligne droite». Pour la cinquième semaine de mobilisation, plus d’une centaine de manifestants se sont réunis aujourd’hui à Montréal et dans toute le Québec pour demander le retrait de la réforme sur le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

À Montréal le rendez-vous était donné au pavillon Mordecai-Richler sur le Mont-Royal, mais d’autres manifestations étaient aussi organisées dans la province, à Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières et Rouyn-Noranda pour cette journée d’action contre la réforme.
Plusieurs députés comme Gaétan Barrette, porte-parole du PLQ en matière d’Immigration et Manon Massé de Québec Solidaire étaient présents pour apporter leur soutien.

La réforme du PEQ rebat les cartes des projets de milliers d’étudiants et de travailleurs temporaires qui espéraient chaque année obtenir rapidement la résidence permanente grâce à ce programme.
Le PEQ 2.0, présenté le 28 mai dernier par le ministre de l’époque Simon Jolin-Barrette, exige entre autres de justifier une expérience de travail plus longue (12 mois pour les étudiants, 36 mois pour les travailleurs temporaires) soit près de 5 ans de statut temporaire et de précarité selon les manifestants.

Pour eux, cette réforme et ce délai d’attente allongé risquent de porter un coup fatal à l’attractivité du Québec au profit d’autres provinces canadiennes, le privant de milliers de travailleurs dont certains sont essentiels comme ils l’ont prouvé durant cette crise sanitaire.

«Le Québec c’est nous aussi !»

Durant presque une heure, les intervenants ont pris la parole pour appuyer leur demande de retrait et pour exiger tout simplement une réponse de la part du gouvernement après ces cinq semaines de mobilisation et autant de silence du côté de Québec.
Des étudiants internationaux et de travailleurs étrangers temporaires ont également pris la parole pour raconter leur expérience et leurs inquiétudes face à l’avenir.

«Souhaitez-vous construire un Québec rayonnant de sa diversité et tourné vers le monde entier ? Ou un Québec refermé sur lui même et en manque de souffle pour affronter l’avenir. Nous attendons une réponse.», questionne Thibault Camara, instigateur du mouvement Le Québec c’est nous aussi.

Après la prise de paroles, la centaine de manifestants présents a entamé une marche à travers la ville en direction du bureau du cabinet du premier ministre.

Les manifestants ont notamment lancé un appel à Nadine Girault, qui a pris la place de Simon Jolin-Barrette au ministère de l’Immigration depuis le remaniement du 22 juin. Cette nouvelle interlocutrice peut permettre «d’imposer son nouveau ton et de prendre le temps de la réflexion»

Pour Denis Bolduc, secrétaire général à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), qui représentait les syndicats lors de cette journée, cette nomination donne une occasion au gouvernement de reprendre son message envers la population et les milliers d’immigrants touchés par cette réforme du PEQ .

Le retrait de la réforme

Une quarantaine d’organisations, de syndicats et de mouvement citoyens ont aussi publié un communiqué commun appuyant leur demande de retrait de cette réforme et leurs revendications.

Ils demandent notamment l’annulation des prolongements d’années d’expérience de travail, de l’exclusion des travailleurs de catégories C et D occupant des emplois peu ou non qualifiés, de l’allongement du délai de traitement des demandes et de l’introduction d’exigences linguistiques pour les conjointes et conjoints du demandeur.

«On discrimine des emplois, on discrimine des personnes, en fonction de leur statut, en fonction de leur métier pour accéder ou pas à la résidence permanente.», déclare Thibault Camara lors de sa prise de parole.

Les signataires exigent aussi un rehaussement du seuil d’immigration en accélérant le traitement des demandes et la consultation des organisations syndicales, étudiantes et communautaires au service des personnes immigrantes sur tout projet pilote.

Enfin, les voix s’élevaient toujours pour appeler au respect de la promesse émise par le ministre Jolin-Barrette lors des premières discussions sur la nouvelle mouture du PEQ en octobre, sur la clause de droits acquis pour les étudiants déjà présents au Québec.

Près de 200 lettres ont été déposées dans l’urne mise en place depuis 2 semaines aux rassemblements du mouvement Le Québec c’est nous aussi, qui les a déposés au cours de cette marche au bureau de la ministre.

Publiée le 28 mai dernier à la Gazette officielle du Québec, la réforme du PEQ doit être mise en application dès aujourd’hui.

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