Montréal
13:50 30 juin 2020 | mise à jour le: 30 juin 2020 à 18:12

Crise du logement: l’étau se resserre sur les locataires du Plateau-Mont-Royal

Crise du logement: l’étau se resserre sur les locataires du Plateau-Mont-Royal
Photo: Josie Desmarais/MétroLe FRAPRU presse le gouvernement de se doter d’une cible à long terme de réalisation de logements sociaux et abordables.

Alors qu’un nombre particulièrement élevé de ménages n’ont toujours pas trouvé un logement en prévision de la fin de leur bail, l’étau se resserre sur les locataires du Plateau-Mont-Royal à faibles revenus, qui font face à des hausses importantes des loyers et à une diminution du nombre de logements disponibles.

Depuis le premier janvier, l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) a reçu 455 appels concernant des locataires dans le besoin, soit plus du double qu’en pareille date, en 2019. Ce sont par ailleurs 171 ménages dans les 19 arrondissements de Montréal qui sont actuellement accompagnés de près par l’organisme alors qu’ils n’ont pas encore réussi à trouver un nouvel appartement en prévision de la fin de leur bail, le 1er juillet. L’an dernier, à pareille date, une soixantaine de ménages se retrouvaient dans cette situation.

«On s’attendait à un premier juillet comme celui-là», affirme le responsable de l’habitation à la Ville de Montréal, Robert Beaudry. Ce dernier assure que les locataires qui ne pourront se tourner vers des membres de leur famille ou des amis le 1er juillet auront accès à un hébergement temporaire dans un hôtel de la métropole et à un lieu pour entreposer leurs biens.

«Notre objectif, c’est d’éviter que toute personne se retrouve à la rue le premier juillet.» -Robert Beaudry, responsable de l’habitation à la Ville de Montréal

Crise du logement sur le Plateau-Mont-Royal

Ce nombre élevé de locataires dans le besoin est symptomatique d’une crise du logement qui prend de l’ampleur dans la métropole. Déjà, l’an passé, le taux d’inoccupation des logements s’élevait à 1,5% dans le Grand Montréal, soit deux fois moins que le seuil d’équilibre de 3% défini par la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Les grands logements se font particulièrement rares. Dans le Plateau-Mont-Royal, ce pourcentage chute à 0,7% pour les appartements de deux chambres et à 0,3% pour ceux de trois chambres et plus. Les grands logements de l’arrondissement ont d’ailleurs vu leur loyer augmenter de 8,1% entre 2018 et 2019, selon des données fournies par la Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU). Cette hausse s’élève à 5,7% pour l’ensemble de la métropole, en ce qui a trait aux logements familiaux.

«Le quartier se transforme. Les loyers sont de plus en chers et les gens n’ont pas le choix de quitter», constate la port-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme. Une situation qui inquiète le Comité logement du Plateau-Mont-Royal.

«Il faudra mettre des mesures pour éviter que ça s’amplifie dans les prochaines années», martèle l’organisatrice communautaire Vicky Langevin. Cette dernière réclame la mise en place d’un contrôle obligatoire des loyers pour éviter que l’arrondissement ne soit plus accessible aux ménages à faibles revenus.

Pris au dépourvu

Bastien Gilbert compte parmi les locataires du Plateau-Mont-Royal qui écopent de la crise du logement. L’homme de 73 ans demeure depuis plusieurs années avec sa femme dans un logement de deux chambres situé en face du parc La Fontaine. Il se retrouve toutefois dans une course contre la montre depuis le début du mois de juin alors que la Régie du logement  a livré un jugement en faveur du propriétaire de son logement, qui souhaite reprendre celui-ci. M. Gilbert a ainsi jusqu’au 20 juillet pour se trouver un nouveau logement. Or, «il n’y a pas un appartement qui est dans ma marge de revenus», constate-t-il.

«Ça fait 35 ans que j’habite à Montréal et c’est la première fois que je me retrouve dans cette situation», laisse tomber le nouveau retraité en entrevue à Métro.

Normand Trudel Régimbald, pour sa part, aurait souhaité quitter le logement insalubre dans lequel il demeure sur la rue des Érables. Or, il ne trouve aucun logement dans ses moyens.

«Dans mon logement, il y a des coquerelles, des punaises aussi. Mon logement est insalubre, mais je n’ai pas le choix de vivre là-dedans», soupire celui qui a ouvert un dossier à la Régie du logement contre son propriétaire.

À l’échelle du Québec, 340 ménages sont toujours à la recherche d’un logement actuellement, dont au moins 220 dans le Grand Montréal, selon le FRAPRU.

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