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17:26 19 juillet 2020 | mise à jour le: 22 juillet 2020 à 16:11 temps de lecture: 4 minutes

Une manifestation contre les agressions sexuelles réunit des centaines de personnes à Montréal

Une manifestation contre les agressions sexuelles réunit des centaines de personnes à Montréal
Photo: Collaboration spéciale / Mélodie DescoubesDes centaines de manifestants arborant masques et pancartes ont marché vers le Palais de justice de Montréal

Dans le contexte des dénonciations de violences à caractère sexuel et de la culture du viol des dernières semaines, une manifestation était organisée à Montréal ce dimanche pour soutenir les victimes d’agressions sexuelles et briser le silence.

La marche était organisée par C’est assez, un collectif «créé dans la foulée des vagues de dénonciations». La manifestation débutait dès midi au Parc Lafontaine et avait notamment reçu le soutien et la présence de la députée de Québec solidaire de Mercier, Mme Ruba Ghazal.

Des centaines de manifestants ont arboré masques et pancartes «Je suis une victime», «Mon corps ne vous appartient pas» tout en criant leur colère pour briser le silence autour des violences sexuelles.

Des concerts étaient organisés avant une prise de parole où l’émotion fut forte au fur et à mesure des témoignages de victimes, de militantes féministes ou de personnalités comme la créatrice de contenu Naila Tremblay.

«On vous croit !»

Les manifestants réclamaient notamment une prise de conscience de la part de la population sur le rôle à jouer de chacun, pour prévenir ces violences et sur les liens entre cette culture du viol et les systèmes d’oppression. Ils réclament aussi des changements systémiques afin que les femmes, les personnes racisées et les membres des communautés LGBTQ+ puissent se sentir en sécurité dans tous les espaces qu’ils soient publics, privés ou professionnels.

«Il est temps que la honte et la peur changent de camp», a déclaré Stéphanie Germain, animatrice de la prise de parole.

Une parole qui était donnée aux victimes de violences sexuelles présentes à la manifestation dont Sandra Boursiquot qui accuse depuis des années le maire d’Anjou Luis Miranda, d’agressions sexuelles.

«Nous voulons aller au-delà de la dénonciation, et continuer notre cheminement de guérison, car nous méritons de guérir», scande la militante Marlihan Lopez. «Allons au-delà des hashtags et construisons un mouvement pluriel contre les violences sexuelles» a-t-elle ajouté.

«À tous les élus qui nous écoutent, descendez du haut de vos privilèges et écoutez les victimes. Il est temps que ce système de justice défaillant tombe. On doit protéger les victimes. Le silence n’est plus une option», a affirmé Stéphanie Germain à la fin de la prise de parole.

«Ça suffit !»

Des centaines de manifestants ont ensuite pris la route aux environs de 14h, en direction du Palais de Justice de Montréal. D’autres prises de parole ont ensuite eu lieu laissant la parole aux victimes, des femmes comme des hommes pour extérioriser leur vécu. Une autre manifestation similaire était aussi organisée à Québec.

Si la marche s’est déroulée dans une ambiance festive, des personnes ont tenté de perturber cette dernière ainsi que les prises de paroles avant d’être interceptées par les policiers. Des témoignages sur les réseaux sociaux évoquent notamment un véhicule arborant selon certains une bannière de Trump au Parc Lafontaine.

Vendredi, le collectif avait fait état de menaces reçues, dans un communiqué intitulé «Marc Lépine 2.0». Certains membres ont ainsi fait l’objet de messages haineux, mais aussi d’une divulgation de coordonnées personnelles. Le collectif avait néanmoins réaffirmé sa volonté de ne pas se taire «Collectivement, nous avons le devoir de continuer de nous battre. D’autant plus que cette démonstration de haine n’est qu’un autre écho de la violence quotidienne à laquelle nous sommes constamment confrontés, et qui est dénoncée à travers cette nouvelle vague»

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