Montréal
15:46 15 août 2020 | mise à jour le: 15 août 2020 à 15:48 temps de lecture: 4 minutes

Une manifestation pour réclamer une régularisation de tous les travailleurs essentiels migrants

Une manifestation pour réclamer une régularisation de tous les travailleurs essentiels migrants
Photo: Alice Chiche/MétroPlusieurs manifestations ont été organisés à Montréal ces derniers mois comme le 26 juillet dernier devant les bureaux d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC)

Après les annonces d’hier concernant le sort des «anges gardiens», une manifestation était organisée aujourd’hui devant les bureaux de circonscription de Justin Trudeau à Montréal afin de réclamer la régularisation de tous les travailleurs essentiels migrants.

Le ministre de l’Immigration fédéral Marco Mendicino, a annoncé vendredi que les «anges gardiens», ces demandeurs d’asile ayant travaillé dans le domaine de la santé durant la pandémie, se verront régulariser et offrir la résidence permanente pour eux et leurs familles. Ce Programme spécial des demandeurs d’asile en période de COVID-19 (PSDAPC) ne concernerait néanmoins que les migrants ayant travaillé comme préposés aux bénéficiaires, infirmiers, ou aides-soignants.

Cette mesure, bien qu’allant dans le bon sens, est une déception pour les organismes de soutien et beaucoup de demandeurs d’asile qui se voit exclue de ce programme, qui doit toucher environ un millier de personnes à travers le Canada. Une décision «injuste et insuffisante» pour beaucoup comme le responsable en matière d’immigration de Québec solidaire et député de Laurier-Dorion, Andrès Fontecilla.

«Que ce soit dans nos champs agricoles, dans nos entreprises du domaine de l’alimentation, dans d’autres postes du domaine de la santé, ces personnes ont risqué leur santé et leurs vies pour notre bien-être.», a-t-il déclaré dans une publication sur sa page Facebook.

Présent à la manifestation, le député solidaire a exhorté les gouvernements du Québec et du Canada, à ouvrir cette régularisation des migrants à tous les travailleurs essentiels.

Pour Francis Simard membre de Solidarité sans frontières, qui a publié un communiqué dans la foulée de l’annonce du ministre, cette période de pandémie marque une opportunité de mettre en place un programme de régularisation complet et pour tout le monde «quel que soit leur pays de naissance, la couleur de leur peau, leur religion, leur sexe, leur âge, leur capacité ou leur passé juridique, sans aucune exception, et avec un plein respect de la réunification des familles». L’organisme exige de nouveau « un statut pour tous».

«Il n’y a aucun mérite à une reconnaissance partielle. Le statut pour tous et toutes est la seule solution juste.» Solidarité sans frontières.

L’opposition du gouvernement Legault

Comme l’a révélé Radio-Canada vendredi, Ottawa prévoyait en réalité un programme de régularisation au spectre plus large, incluant notamment les agents de sécurité et le personnel d’entretien ménager, mais le gouvernement fédéral a dû revoir ses plans, notamment en raison de l’opposition du gouvernement Legault.
D’abord très ferme sur la question et écartant toute régularisation, le premier ministre québécois s’était finalement montré un peu plus conciliant fin mai en proposant une étude au cas par cas avant d’ouvrir la mesure aux demandeurs d’asile travaillant dans le domaine de la santé.

Plusieurs manifestations et rassemblements de soutien ont été organisés à Montréal depuis plusieurs mois. Après plusieurs manifestations, dont celle de samedi dernier, les membres du collectif Debout pour la dignité ont d’ailleurs établi un sit-in et un campement dès le lendemain devant les bureaux de circonscription de Justin Trudeau à Montréal avant de déménager leurs tentes au coin de l’avenue Christophe-Colomb et du boulevard Crémazie.

Pour eux, la lutte continue et une marche est organisée par Solidarité sans frontières, est prévue dimanche prochain 23 août : «Nous appelons à des marches bruyantes et colorées dans les quartiers migrants de Montréal afin de sensibiliser la population de ces quartiers au mouvement croissant ici à Montréal et à travers le Canada, mouvement qui réclame un statut pour tou-te-s les migrant-e-s».

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