Montréal
11:21 30 août 2020 | mise à jour le: 30 août 2020 à 11:21 temps de lecture: 5 minutes

Le déboulonnage de la statue de John A. Macdonald fait réagir

Le déboulonnage de la statue de John A. Macdonald fait réagir
Photo: Pablo Ortiz /MétroManifestation contre le racisme et la brutalité policière le 7 juin 2020

Au lendemain du déboulonnage de la statue de John A. Macdonald par des militants antiracistes à Montréal, les réactions n’ont pas manqué.

Alors que la manifestation antiraciste et exigeant le définancement de la police s’était déroulé dans le calme samedi 29 août, le point final de ce rassemblement n’a pas fini de faire parler de lui. Régulièrement la cible d’actes de vandalisme pour son passé colonial, la statue de John A. Macdonald a été déboulonnée en milieu d’après-midi en marge de la manifestation qui se déroulait en centre-ville.

Des manifestants se sont hissés sur le piédestal pour y déposer des banderoles avant de finalement déboulonner la statue qui a été décapitée dans sa chute.
Selon la Ville de Montréal, le bureau d’art public va sécuriser et coordonner la conservation de la statue.

La mairesse de Montréal Valérie Plante a déploré dans un communiqué «les actes de vandalisme» qui ont mené au déboulonnement de la statue.

«Nous savons que certains monuments historiques, ici comme ailleurs, sont au cœur de débats émotifs. Je réitère que je privilégie de les mettre en contexte plutôt que de simplement les retirer. Je suis également en faveur d’ajouter des monuments qui seront plus représentatifs de la société à laquelle nous aspirons toutes et tous. Je comprends et partage la motivation des citoyennes et citoyens qui veulent vivre dans une société plus juste et inclusive. Mais la discussion et les gestes qui s’imposent doivent se faire de façon pacifique, sans jamais avoir recours au vandalisme», a-t-elle déclaré.

Une enquête du SPVM serait en cours, toujours selon Valérie Plante, même si aucune arrestation n’a été effectuée.

Le premier ministre François Legault a réagi sur son compte Twitter en déclarant : «Quoique l’on puisse penser de John A. Macdonald, détruire un monument ainsi est inacceptable. Il faut combattre le racisme, mais saccager des pans de notre histoire n’est pas la solution. Le vandalisme n’a pas sa place dans notre démocratie et la statue doit être restaurée».

Même son de cloche chez d’autres politiques comme le nouveau chef conservateur Erin O’Toole qui a lui aussi exprimé sa désapprobation d’un tel acte de vandalisme sur une figure historique du Canada : «Le Canada n’existerait pas sans Sir John A. Macdonald. Nous ne construirons pas un avenir meilleur en défigurant notre passé. Il est temps pour les politiciens d’arrêter de se plier face aux activistes radicaux et de se tenir debout pour le Canada».

Une restauration ou un musée ?

Si certains exigent la restauration de la statue afin qu’elle retrouve sa place sur son piédestal de la Place du Canada, d’autres voix exigent au contraire son non-remplacement, quitte à avoir sa place dans un musée.

C’est le cas des militants du groupe #MacdonaldMustFall, qui demande le retrait de cette statue depuis des années, tout en revendiquant plusieurs actes de vandalisme où «toutes les couleurs de l’arc-en-ciel ont été utilisées»

«Les manifestantes et manifestants ont fait ce que la mairesse Valérie Plante et la ville de Montréal auraient dû faire depuis longtemps. Le corps décapité et la tête sont sur le sol, et le piédestal est vide. Nous insistons sur le fait que la statue ne doit pas être restaurée dans le parc, mais placée dans un musée ou un centre d’archives. Si elle est replacée, elle devra inévitablement retomber», ont-ils déclaré dans un communiqué.
Le groupe a aussi proposé de remettre en contexte les actes qui valent au 1er premier ministre du Canada d’être aussi controversée, si une telle installation devait avoir lieu.

Le collectif La Coalition pour la libération BIPOC, organisateur de la manifestation d’hier a lui aussi réagi sur sa page Facebook en déclarant que «ces monuments racistes ne méritent pas de place». Ils demandent aussi le retrait «de toutes les statues, plaques et emblèmes, tant sur la propriété publique que privée, de toute personne, acte, symbole ou mouvement qui promeut ou a promu l’esclavage, le racisme anti-noir ou le racisme anti-indigène».

Plusieurs villes du monde ont connu ces derniers mois des déboulonnage ou des actes de vandalisme en marge de manifestations antiraciste sur des figures historique controversés. A Montréal d’autres monuments comme celui à Dollard-des-Ormeaux situé au parc Lafontaine ou encore la statue de James McGill, fondateur de l’université du même nom, sont régulièrement visés par les militants.

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