Les choix de la rédac
13:07 11 septembre 2020 | mise à jour le: 11 septembre 2020 à 15:58 temps de lecture: 4 minutes

Manifestation contre l’administration de Valérie Plante devant l’hôtel de ville

Manifestation contre l’administration de Valérie Plante devant l’hôtel de ville
Photo: Zacharie Goudreault/ Métro

Quelques dizaines de personnes ont pris part à une manifestation devant l’hôtel de ville de Montréal vendredi midi pour faire part de leur mécontentement quant aux décisions de l’administration de Valérie Plante en matière de réaménagement de l’espace public et de gestion du marché immobilier.

L’événement pacifique a commencé à midi devant l’édifice Lucien-Saulnier, dans le Vieux-Montréal. Plusieurs commerçants de la rue Saint-Denis opposés aux travaux du Réseau express vélo (REV) actuellement en cours sur l’artère routière ont notamment pris part à cette manifestation d’environ une heure.

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Les commerces écopent

«On les aime nos clients cyclistes, mais ils ne sont pas suffisants pour survivre», soupire à Métro la copropriétaire de la boutique Qui Dort Dîne, sur la rue Saint-Denis, Muriel Rajaonina. Son acolyte, Gaétan Larochelle, constate que les travaux d’aménagement d’une large piste cyclable sur l’artère de même que ceux des voies actives et sécuritaires, notamment sur la rue Rachel, ont fait chuter son chiffre d’affaires cet été. Les deux propriétaires avaient pourtant fait des efforts pour s’adapter à la pandémie, notamment en se tournant vers le commerce en ligne.

«Mais même en faisant du commerce en ligne ou par téléphone, c’est difficile parce que les livreurs ont de la difficulté à livrer des choses», laisse tomber M. Larochelle. La gestion des rues de la métropole pourrait d’ailleurs être un des principaux champs de bataille de l’administration Plante pendant les prochaines élections municipales, à en croire un récent sondage CROP réalisé pour La Presse.

«Elle va assassiner une bonne partie des commerçants sur Saint-Denis», laisse tomber Vianney Godbout. Le propriétaire du bistro La Maisonnette, farouchement opposé au REV, a lancé le mois dernier un appel aux cyclistes. Il souhaitait les inviter à prendre l’apéro gratuitement dans son commerce afin d’entendre leur point de vue. Ce sont finalement six cyclistes qui ont répondu à l’appel.

«Ça a ouvert un peu la discussion avec les cyclistes, mais clairement, on n’est pas bien reçu par l’administration», lance M. Godbout qui déplore le «dogmatisme» de l’administration Plante.

Aide financière

Mercredi matin, en séance du comité exécutif, la mairesse Valérie Plante a annoncé que la Ville envisage d’adapter le programme d’aide financière pour les commerces affectés par des travaux majeurs afin d’inclure les commerçants de la rue Saint-Denis qui écopent des travaux du REV. Celui-ci permet aux commerçants situés dans un secteur où un chantier municipal majeur a lieu de bénéficier chacun d’une aide financière pouvant atteindre 30 000$ par année.

Mme Plante a aussi promis de réviser le calendrier des chantiers pour tenir compte des répercussions de la COVID-19 sur citoyens et commerçants.

«C’est le pire du pire, ça, la gestion des travaux», constate d’ailleurs Éric Luksenberg, qui possède deux restaurants dans le Vieux-Montréal. Il affirme que les voies cyclables et piétonnes mises en place par la Ville cet été lui ont fait perdre plusieurs clients provenant de la banlieue.

«Aucun banlieusard ne veut faire la route pour prendre un souper à Montréal», lâche-t-il.

«Pour nous, les restaurateurs, c’est la catastrophe.» -Éric Luksenberg, restaurateur dans le Vieux-Montréal

Faire fuir les familles

Des promoteurs immobiliers et des propriétaires de logements ont aussi participé à cette manifestation pacifique afin de faire part de leur opposition aux règlements que souhaitent mettre en place plusieurs arrondissements centraux dans le but de limiter les travaux d’agrandissement ou de subdivision de logements, notamment.

Ces arrondissements, parmi lesquels on compte Ville-Marie et le Plateau-Mont-Royal, souhaitent ainsi limiter la possibilité que des propriétaires réclament et obtiennent des permis de rénovation dans le but principal d’évincer un locataire afin d’augmenter ensuite le loyer d’un logement. Plusieurs familles déplorent toutefois que ces règlements les empêcheront d’avoir un logement d’une taille convenable pour répondre à leurs besoins.

«[Valérie Plante] parle de l’exode des familles, mais en ce moment, toutes les politiques qu’elle met en place, ça va favoriser ça», déplore le porte-parole de la Coalition pour la qualité des logements à Montréal, Jean-François Tremblay.

«On veut être à la table de concertation. On veut avoir un dialogue avec Projet Montréal», ajoute-t-il

Au moment d’écrire ces lignes, le cabinet de Mme Plante n’avait pas commenté.

 

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