Montréal
11:33 22 septembre 2020 | mise à jour le: 22 septembre 2020 à 11:33 temps de lecture: 4 minutes

Hôtels et restaurants: un retour à la normale pourrait prendre plus de huit ans

Hôtels et restaurants: un retour à la normale pourrait prendre plus de huit ans
Photo: Josie Desmarais/MétroLe restaurant Rita, sur la rue Wellington, à Verdun.

Les hôtels et les restaurants du pays, durement touchés par la crise du coronavirus, pourraient devoir attendre plus de huit ans avant de retrouver un niveau de revenus normal, selon une étude.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a publié mardi une analyse portant sur la situation des PME du pays dans le contexte de la reprise économique. Celle-ci se base sur la comparaison de deux sondages menés respectivement au début du mois de juin et à la mi-septembre auprès de plusieurs milliers de membres de l’organisation.

Principal constat: la reprise est trop lente pour de nombreuses entreprises. Ainsi, bien que 70% d’entre elles soient «complètement ouvertes» à l’heure actuelle, seulement 42% des entreprises ont retrouvé l’ensemble de leurs employés. Ce ne sont par ailleurs que 30% des PME sondées qui ont retrouvé un niveau de ventes et de revenus similaire à celui qu’elles enregistraient avant la pandémie.

«Pour être honnête, on aurait pu s’attendre à ce que la reprise soit plus rapide», évoque à Métro le directeur principal de la recherche nationale à la FCEI, Simon Gaudreault. À cet égard, il blâme notamment le manque de sensibilisation effectuée par les autorités publiques pour rappeler à la population que les commerces ont mis en place des mesures sanitaires afin d’offrir un service sécuritaire.

«Est-ce que les consommateurs sont confiants? Est-ce qu’ils savent que c’est sécuritaire d’aller se faire coiffer? […] Il y a peut-être cette confiance-là qui reste à reprendre», ajoute-t-il.

Reprise variable

La reprise économique s’effectue d’ailleurs à un rythme bien différent d’un secteur à l’autre. Ainsi, le nombre d’entreprises dans le secteur du commerce de détail qui ont vu leurs revenus revenir à la normale a augmenté de 12% au cours des trois derniers mois, pour atteindre 35% en septembre. Ce sont aussi 32% des entreprises dans le domaine de la construction qui se retrouvent dans cette situation, une hausse de 10% depuis juin.

«Sur une période de 14 semaines, les reculs enregistrés ont été compensés en partie au sein des secteurs, mais pas suffisamment vite pour qu’on puisse espérer une reprise complète prochainement», souligne l’étude. Celle-ci entrevoit ainsi qu’en moyenne, les PME du pays pourraient devoir patienter près d’un an et demi avant de retrouver leur chiffre d’affaires d’avant la pandémie.

Plus de huit ans

La reprise est particulièrement lente dans le secteur de l’hébergement et de la restauration, qui regroupe notamment les hôtels et les restaurants du pays. Seulement 8% des PME dans ce secteur ont retrouvé des revenus semblables à l’an dernier, contre 5% en juin. À ce rythme «de pas de tortues», les hôtels et les restaurants pourraient devoir patienter huit ans et trois mois avant de revenir à une situation financière normale, indique M. Gaudreault.

«Ce qu’on veut montrer, c’est qu’avec le rythme actuel, ce n’est pas soutenable.» -Simon Gaudreault, directeur principal de la recherche nationale à la FCEI

Alors qu’une deuxième vague du coronavirus frappe déjà le Québec, la FCEI presse les autorités publiques de prévoir des mesures d’aide suffisantes pour soutenir les entreprises dans cette nouvelle épreuve.

«C’est certain qu’il y a certaines entreprises qui ont réussi à passer au travers de la première vague grâce à des prêts, mais ça leur laisser un gros boulet», souligne M. Gaudreault, qui estime que les gouvernements devraient miser davantage sur des subventions, cette fois. Les programmes d’aide devraient aussi être faciles d’accès afin d’éviter que des PME patientent plusieurs mois avant d’obtenir de l’aide financière, comme cela a été le cas cet été, estime l’auteur de cette étude.

«C’est sûr que si une deuxième vague arrive, il faut que l’aide soit conséquente, ajoute M. Gaudreault. Parce que s’il y a un trop grand écart entre les restrictions et les mesures d’aide prises, c’est là que les fermetures vont survenir.»

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