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08:43 24 mars 2020 | mise à jour le: 24 mars 2020 à 17:49 temps de lecture: 3 minutes

«Près d’un tiers des PME» pourraient fermer, craint la FCEI

«Près d’un tiers des PME» pourraient fermer, craint la FCEI
Photo: Josie Desmarais | MétroUne boutique rue Saint-Laurent fermée à cause du coronavirus.

Avant même que l’ensemble des entreprises non essentielles ferment au Québec, les petites et moyennes entreprises (PME) ressentent plus que jamais les effets du coronavirus. La crise pourrait faire fermer leur porte à près d’un tiers d’entre elles, selon un sondage.

Ce chiffre est en hausse par rapport au précédent coup de sonde de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) mené la semaine dernière. L’organisme avait alors évalué qu’une compagnie sur quatre écoperait.

Le nouveau sondage de la FCEI, mené auprès de 11 000 répondants ce week-end, dresse un portrait sombre de la situation. Une entreprise canadienne sur trois aurait subi des pertes d’au moins 75% depuis le début de la crise.

Cela équivaut en moyenne à 136 000$ par propriétaire. Touchés de pleins fouet, ils doivent s’en remettre à des mises à pied.

«Un quart [des propriétaires] affirment qu’ils ont déjà été obligés de le faire pour la totalité de leurs effectifs», avance le vice-président des affaires nationales à la FCEI, Jasmin Guénette, dans un communiqué de presse.

Radio-Canada rapporte que plus de 900 000 personnes ont effectué des demandes d’assurance-emploi la semaine dernière.

Lundi, le gouvernement du Québec a poursuivi les fermetures de commerces et de compagnies privées dans la province.

Seuls les services essentiels pourront demeurer ouverts. Les autres, dont font partie de nombreux commerces qui ont pignon sur rue, devront ainsi attendre au moins trois semaines avant de pouvoir potentiellement reprendre leurs activités.

Investissements

Le temps presse pour les gouvernements d’investir, selon la FCEI.

«À ce rythme, la seule façon d’empêcher des pertes d’emplois massives est que le gouvernement fédéral lance un programme de subvention salariale de beaucoup plus grande envergure», avance Jasmin Guénette.

Cette mesure drastique permettrait selon le groupe de «couvrir au moins 75% des salaires, pour tous les employeurs». La FCEI encourage Ottawa à le faire jusqu’à concurrence de 5000$ par travailleur, par mois.

Ottawa s’apprête à adopter des mesures exceptionnelles pour contrer les effets du coronavirus, mardi. Le gouvernement libéral prévoit entre autres 82 G$ pour venir en aide aux contribuables canadiens.

Interrogé sur l’aide accordée aux entreprises, le premier ministre Justin Trudeau a assuré en point de presse que le gouvernement aiderait «les entreprises à garder les gens dans leur compagnie».

La FCEI dénonce toutefois des subventions salariales insuffisantes. «10% du salaire pour trois mois ce n’est pas suffisant. Mais c’est quelque chose qui pourrait se partager entre fédéral et provincial», indique à Métro l’analyste principal des politiques au sein de l’organisme, Gopinath Jeyabalaratnam.

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