Montréal
12:18 30 septembre 2020 | mise à jour le: 30 septembre 2020 à 12:18 temps de lecture: 4 minutes

Itinérance: 23 logements pour femmes autochtones prévus à Montréal

Itinérance: 23 logements pour femmes autochtones prévus à Montréal
Photo: Pablo A. Ortiz / MétroLe responsable de l'habitation à la Ville de Montréal, Robert Beaudry.

La Ville de Montréal a approuvé mercredi une entente de financement de 1,75 M$ de la part de Québec pour contribuer à la réalisation de 23 logements destinés aux femmes autochtones en situation d’itinérance dans la métropole.

Cette somme viendra compléter le financement d’un projet du Foyer pour femmes Shelter, qui a déjà reçu une somme de près de 6 M$ de la part de la Ville et de Québec au cours des dernières années. Le document décisionnel, approuvé mercredi matin en séance du comité exécutif, ne précise pas quand ces logements verront le jour à Montréal. On indique toutefois que ce projet «vise à éviter l’itinérance de femmes autochtones et le placement de leurs enfants dans d’autres institutions, en leur offrant un logement temporaire».

«Quand on est une femme autochtone, on vit souvent une double discrimination et on peut même en vivre une troisième parce qu’on est souvent à risque d’itinérance. Donc, ce projet vient éviter tout ça en offrant 23 unités de logement qui seront construites à Montréal et qui seront offertes aux femmes autochtones avec enfants, qui font souvent face à un vide quant aux services qu’on offre aux personnes en difficulté», a souligné mercredi matin le responsable de l’habitation à la Ville, Robert Beaudry. Il a alors qualifié cette entente «d’excellente nouvelle».

Réinsertion sociale

L’élu a d’ailleurs rappelé que ce projet permet de répondre à une des recommandations du vaste rapport de l’Office de consultation publique de Montréal sur le racisme et la discrimination systémique, rendu public cet été. Celle-ci «encourage la Ville à soutenir des projets de logements sociaux qui s’adressent spécifiquement aux personnes autochtones».

«Souvent on parle d’ouvrir la porte de sortie à l’itinérance, mais il faut aussi savoir fermer la porte d’entrée, et c’est ce que ce projet-là vient faire en offrant un chez soi aux femmes autochtones.» -Robert Beaudry, responsable de l’habitation à la Ville

Manque de refuges

À la mi-septembre, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a affirmé que le nombre de personnes en situation d’itinérance dans la métropole aurait doublé depuis le début de la pandémie. Elle a du même souffle reconnu que quelques centaines de lits supplémentaires devront s’ajouter à l’offre existante pour répondre à l’ensemble des besoins en prévision de l’hiver.

«Il n’y a pas assez de place dans les refuges, et nous espérons vraiment que la Ville de Montréal va en faire plus pour aider cette population parce qu’il fait déjà froid», a d’ailleurs soulevé mercredi avant-midi la directrice du Foyer pour femmes autochtones de MontréalNakuset. Celle-ci prenait alors part à une conférence de presse avec divers organismes demandant notamment la régularisation des travailleurs du réseau de la santé sans statut légal.

Solidarité avec Joyce

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a par ailleurs pris un moment, mercredi matin, pour offrir ses condoléances à la famille de Joyce Echaquan. Mardi soir, des centaines de personnes ont pris part à un rassemblement devant l’hôpital de Joliette afin de rendre hommage à cette femme autochtone. Celle-ci est décédée lundi dans l’établissement hospitaliser dans des circonstances troubles. Une vidéo captée par l’Atikamekw avant son décès faisait état de propos insultants à son égard de la part de soignants de l’hôpital.

«Je pense que tout le monde est d’avis que tout le monde mérite d’avoir un traitement humain lorsqu’il est question d’avoir des soins de santé», a déclaré Mme Plante.

Nakuset a aussi tenu à déplorer cette situation, tout en soulignant qu’il ne s’agit ici d’un cas isolé.

«Ça arrive chaque semaine», a-t-elle laissé tomber. Elle a alors pressé les autorités de faire appliquer les recommandations incluses dans le rapport Viens sur les relations entre les Autochtones et les services publics, publié l’an dernier.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a annoncé mardi le congédiement d’une infirmière de l’hôpital en question, à la suite de ce tragique événement. Le coroner a par ailleurs ouvert une enquête sur les circonstances entourant le décès de Mme Echaquan.

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