Montréal
05:00 8 octobre 2020 | mise à jour le: 8 octobre 2020 à 07:29 temps de lecture: 3 minutes

CHSLD: des départs en masse de préposés depuis la première vague

CHSLD: des départs en masse de préposés depuis la première vague
Photo: Josie Desmarais/Métro

L’hémorragie de personnel en soins constatée ces derniers mois a aussi affecté le réseau des centres longue durée. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, environ 400 préposés aux bénéficiaires (PAB) en CHSLD ont quitté leur poste à Montréal.

Selon les données compilées par Métro, ce sont les Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et de l’Est-de-l’Île qui ont perdu le plus de plumes depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Dans le Centre-Sud, 101 PAB ont quitté leur poste en CHSLD depuis le 1er mars 2020. Dans l’Est, le CIUSSS a uniquement pu fournir des données depuis janvier 2020. On compte toutefois 126 départs volontaires sur cette période.

Dans l’Ouest, le Nord et le Centre-Ouest, respectivement, 95, 79 et 22 préposés en soins longue durée ont mis fin à leurs activités dans le réseau depuis mars.

En comparaison, Le Devoir rapportait à la fin-août que 800 infirmières montréalaises avaient démissionné depuis le début de la pandémie.

«Charge de travail»

Représentant syndical pour des milliers de PAB montréalais, Hubert Forcier ne s’étonne pas des statistiques présentées.

«Ce n’est pas un phénomène qui est nouveau. C’était déjà problématique avant mars. La pandémie ne fait qu’accentuer cette tendance lourde», commente-t-il.

Selon ce conseiller à l’information à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), «tout est une question de surcharge de travail».

«Ça fait des années que chaque jour, les gens rentrent et sont moins [nombreux] qu’ils devraient l’être pour donner les services.» – Hubert Forcier, conseiller syndical à l’information à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN)

La pandémie, qui a fait à ce jour près de 4000 morts dans les CHSLD, est venue essorer le peu d’énergie qui restait chez plusieurs PAB, atteste le syndicaliste.

«À la fin de la première vague, il y en a qui sont arrivés avec une très grande fatigue. Ils ont décidé de quitter, illustre M. Forcier. C’est sûr que certains CHSLD se sont rendus à 100 décès. Vivre avec ça, c’est quelque chose…»

Ajouts de ressource

Conscient du manque de ressources, le premier ministre François Legault lançait en juin une vaste opération de recrutement de préposés. Après une formation expresse, 10 000 personnes devaient intégrer le réseau cet automne.

Au cours de l’été, 3000 personnes ont abandonné l’aventure. Une nouvelle cohorte suit actuellement la formation pour que Québec atteigne son objectif initial.

«L’entrée en fonction des 7000 préposés en CHSLD qui ont été formés ce printemps est en cours», précise pour sa part la relationniste du ministère de la Santé et des Services sociaux Marjorie Larouche.

Le ministère n’a pas pu nous confirmer combien de ces 7000 personnes intégreraient le réseau montréalais.

Hubert Forcier convient qu’étant donné les démissions, l’ajout de cette masse de préposés ne signifiera pas une hausse absolue de 10 000 personnes dans la main-d’oeuvre en CHSLD. Il se réjouit cependant d’un «bon départ».

«On calculait que ça nous ramène pratiquement aux niveaux de PAB qu’on avait au début des années 2000», observe le syndicaliste.

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