De la petite politique…
Je viens de terminer l’autobiographie de l’ancien PDG de la SAQ, Gaétan Frigon, un livre bien intéressant et accessible qui se révèle particulièrement cinglant lorsqu’il aborde les coulisses du monde politique.
Ce qui irrite le plus M. Frigon, c’est la mauvaise foi de beaucoup de politiciens. Il égratigne particulièrement l’ancien député Jacques Chagnon qui, en 2001, avait notamment dévoilé le fait que le patron de la SAQ roulait en Jaguar. M. Frigon avait rétorqué qu’il respectait l’enveloppe allouée de 65 000$ (59 000$ dans son cas) et qu’il gagnait dans le secteur public 149 000$ par an, soit quasiment trois fois moins que ce qu’il aurait pu gagner dans le privé
Il est vrai que le passage de M. Frigon dans la fonction publique n’est pas exempt de reproches. Mais je comprends M. Frigon quand il dénonce les agissements des politiciens quand ils font de la petite politique en criant au loup et en faisant du sensationnalisme.
Personnellement, je reverrais complètement la période des questions de l’Assemblée nationale. C’est une période souvent un peu ridicule et qui, pourtant, occupe une grande partie de la couverture politique dans les médias, sans refléter le réel (bon) travail des députés.
Pareil à l’échelon municipal. Les élus d’opposition devraient être constructifs lors des séances du conseil (et en dehors) et proposer des idées plutôt que de perdre du temps à chercher des poux à leurs collègues des autres partis.
Un exemple anecdotique mais pourtant révélateur: Le MaronniersGate!
Tous les dialogues ci-dessous pourraient se retrouver dans une mauvaise pièce de boulevard, mais sont pourtant totalement réels.
En résumé, l’arrondissement de Saint-Léonard veut couper les 142 marronniers de la ville qui se trouvent sur des terrains privés à cause d’une vingtaine de plaintes. Le directeur de l’arrondissement se justifie en écrivant: «cette initiative s’inscrit dans le respect de l’environnement de même que dans la promotion du développement durable».
On s’entend que c’est une décision absurde. Mais quand le maire de Rosemont tente de se faire du capital politique en faisant voter une motion proposant «d’offrir le droit d’asile» dans son arrondissement aux marronniers qui seront coupés, on se demande carrément si on n’est pas un 1er avril! Tout simplement, parce qu’on ne déracine pas un arbre vieux de plus de 30 ans en espérant qu’il va continuer de pousser ailleurs.
On atteint ensuite le fonds du baril quand l’arrondissement de Saint Léonard fait marche arrière et prétend que cette politique sur les marronniers n’était en fait pas une politique… «C’était une étude pour voir s’il y avait réellement un problème avec ces arbres», a déclaré le conseiller municipal de l’arrondissement Dominic Perri au Progrès de Saint-Léonard. Il a ajouté au journal que l’adoption de la politique ne rimait pas avec son entrée en vigueur.
Quand une élection approche, la plupart des partis affirment qu’ils comptent faire de la politique autrement. Espérons que cela devienne réalité en 2013 🙂