Montréal
05:00 25 novembre 2020 | mise à jour le: 27 novembre 2020 à 16:18 temps de lecture: 4 minutes

Un appartement invivable en raison du bruit d’un chantier

Un appartement invivable en raison du bruit d’un chantier
Photo: Félix Lacerte-Gauthier/MétroDe son salon, Antoinette Esposito peut voir les travaux qui lui causent tant de désagréments.

Confinés en raison de la pandémie, des résidents d’un immeuble dans l’arrondissement de Saint-Léonard se désolent que leur demeure soit devenue «invivable» en raison de travaux de construction qui perdurent en face de chez eux.

«On est en pleine épidémie. On nous demande de rester à la maison. Je n’ai pas de chalet. Je suis dans un logement. Mais de l’autre côté de la rue, ils creusent sans arrêt», déplore Antoinette Esposito, à bout de nerfs.

Cette résidante d’un immeuble de la rue Jean-Talon Est, près de l’intersection de la rue d’Abancourt, n’en peut plus de vivre avec le bruit des travaux de construction qui ont lieu en face de chez elle.

De l’autre côté de la rue, un important chantier est entamé afin de construire le projet de Néo Condos, qui s’étalera sur 8 étages.

Sur place, le bruit est incessant. Le plancher et les murs vibrent en raison des travaux, comme a pu le constater Métro.

«À la fin de la journée, je suis brûlée», s’exaspère Mme Esposito.

Ses voisins déplorent tout autant une qualité de vie qui s’amoindrit en raison du chantier.

«Le matin, ça me réveille toujours. On l’entend parfois jusqu’à 8h du soir. Et même la fin de semaine, ils continuent les travaux et on ne peut pas dormir», s’attriste Suzanne, qui trouve également les vibrations bien dérangeantes.

Une autre voisine, qui ne veut pas être nommée, dénonce également que les travaux se poursuivent même la fin de semaine. «Le bruit, pour moi, n’est pas vivable. Et même les journées plus chaudes, on devait garder les fenêtres fermées.»

«Dès 7h le matin, ça commence à faire “bang-bang-bang”. Et le soir, on n’est pas capable de se reposer non plus, le bruit continue», ajoute-t-elle.

Selon eux, le bruit incessant perdure depuis la fin du mois de septembre.

Le rez-de-chaussée de l’immeuble est occupé par le commerce Mosti Mondiale 2000. Claudio, le propriétaire, comprend très bien ses voisins d’en haut de se plaindre.

«Ça me dérange, mais je ne reste pas ici. On se dit que ça va se terminer un jour. Ils devraient faire quelque chose, donner un [dédommagement] pour les personnes qui restent ici», croit-il.

Exaspérée, Mme Esposito a appelé le SPVM pour se plaindre du bruit.

Or, cette démarche risque de ne pas aboutir. Selon la règlementation de l’arrondissement, les travaux sont permis entre 7h et 21h.

«Si c’est en dehors des heures autorisées, on communique avec le responsable du chantier. On a des pouvoirs par rapport à ça», explique Alain Cardinal, commandant du PDQ 42. Il ajoute cependant que durant les heures permises, ce serait à l’arrondissement de réagir.

À l’arrondissement, on assure faire un suivi régulier.

«Un inspecteur du cadre bâti de l’arrondissement a notamment effectué une vérification sur le chantier à la suite de la réception d’une plainte de bruit avant 7 h. Il n’a rien pu constater à cet effet. Un rappel des heures permises a toutefois été fait aux employés du chantier», explique Julie Blais, chargée de communication à l’arrondissement.

Elle ajoute que chaque matin, des membres de l’Escouade Mobilité passent devant le chantier pour s’assurer que la règlementation soit respectée.

Néo Condos s’excuse

Jérôme Leblanc, responsable du projet chez Néo Condos, s’excuse auprès des citoyens pour les inconvénients. Il indique que les plaintes ne se sont pas rendues jusqu’à lui, bien qu’il comprenne leur frustration.

«On est obligé de faire ce genre de travaux là. Nos efforts étaient de les imiter dans le temps pour que ça soit déplaisant le moins longtemps possible pour les résidents», explique-t-il.

Il ajoute que le roc était très peu profond à cet endroit et que le niveau de décibel plus élevé est dû aux efforts pour le casser.

«On fait un étage de garage. Si on en faisait deux, ça serait beaucoup plus long. On a atteint la profondeur qu’on avait besoin et on a installé notre grue. À partir des prochains jours, le bruit ambiant devrait diminuer de beaucoup», promet M. Leblanc.

Au moment de mettre en ligne, l’arrondissement de Saint-Léonard n’avait pas encore répondu aux questions de Métro.

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