Hochelaga-Maisonneuve
14:40 7 janvier 2021 | mise à jour le: 7 janvier 2021 à 14:41 temps de lecture: 4 minutes

COVID-19: «situation précaire» à Maisonneuve-Rosemont et Santa-Cabrini

COVID-19: «situation précaire» à Maisonneuve-Rosemont et Santa-Cabrini
Photo: Archives/Métro MédiaLes hôpitaux de l’Est ont réduit de près d’un quart leur capacité d’accueil ces derniers mois.

Alors que le Grand Montréal fait face à un risque «réel» de dépasser ses capacités hospitalières à cause de la COVID-19, les hôpitaux Maisonneuve-Rosemont et Santa-Cabrini sont déjà au maximum de leur capacité. Une situation due notamment au manque de main-d’œuvre et à la fermeture de près d’un quart des lits.

À l’heure où le nombre d’hospitalisations ne cesse d’augmenter à travers la province, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR) et l’Hôpital Santa Cabrini sont touchés de plein fouet.

En date du 5 janvier, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal comptait 129 patients atteints de la COVID-19 dans ces deux hôpitaux. Parmi eux, 12 se trouvaient aux soins intensifs, 8 à l’HMR et 4 à Santa-Cabrini.

«Il est important de mentionner que nous utilisons 100 % de notre capacité en termes de lits d’hospitalisation. Certains lits sont occupés par des personnes qui ont contracté la COVID-19, d’autres par des personnes considérées comme des cas suspectés (18 à Santa Cabrini et 41 à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont) et, enfin, d’autres par des clientèles qui nécessitent d’être hospitalisées», précise Catherine Dion, conseillère en communications et relations médias au CIUSSS de l’Est.

D’après Denis Coutier, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (SPS ESTIM), la capacité maximale des deux hôpitaux aurait même été dépassée.

«On est au-delà de nos capacités. En tout, 90 lits étaient prévus pour accueillir les patients atteints de la COVID et on en accueille aujourd’hui [le 7 janvier] 142, plus 36 cas suspectés», explique-t-il.

À l’HMR, le Dr François Marquis, chef du service de soins intensifs, semble faire le même constat.

Alors que son service qui compte 18 lits est déjà plein, le médecin doit gérer l’arrivée de nouveaux patients infectés.

«Jusqu’à présent on fonctionnait avec sept lits COVID aux soins intensifs, mais on a dû ouvrir une deuxième section de lits puisqu’on a actuellement 11 patients atteints de la COVID dans notre service», détaille-t-il.

Une capacité amoindrie

Cette saturation face à la deuxième vague de COVID s’explique notamment par la pénurie de main-d’œuvre que connaissent l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et l’Hôpital Santa Cabrini. Faute d’infirmières disponibles, le CIUSSS a dû fermer de nombreux lits. Des lits dans les chambres doubles et quadruples ont aussi été retirés pour empêcher la propagation du virus.

«Concernant la capacité hospitalière de nos deux centres hospitaliers, elle se situe à l’heure actuelle à 217 lits pour l’Hôpital Santa Cabrini et à 416 pour l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR). […] À pareille date l’an dernier, nous comptions 277 lits à Santa Cabrini et 544 à l’HMR. La situation dans nos deux centres hospitaliers est donc très précaire», souligne Mme Dion.

D’après le SPS ESTIM, il est nécessaire que les patients puissent être répartis d’une façon plus efficace entre les différents hôpitaux de la région de Montréal, sans quoi les infirmières risuent de ne plus pouvoir faire face, d’après M. Cloutier.

«On travaille beaucoup avec Santa Cabrini pour tenter de se maintenir à l’équilibre, explique d’ailleurs le Dr Marquis. Mais, c’est aussi très important pour nous de préserver les soins essentiels, notamment en hémato-oncologie, mais aussi dans d’autres services. Si d’autres patients arrivent, il faudra pouvoir les envoyer dans d’autres hôpitaux.»

Pour M. Cloutier, une autre solution consisterait à mobiliser davantage les infirmières indépendantes employées par les agences de placement. Il espère que le gouvernement émette bientôt un nouvel arrêté ministériel à ce sujet.

«Les infirmières indépendantes ne connaissent pas mêmes contraintes que les infirmières des CIUSSS. On se prive d’une main-d’œuvre disponible alors que nos infirmières cumulent du temps supplémentaire obligatoire et sont à bout de souffle», résume le président du SPS ESTIM.

Des éclosions à craindre

Dr Marquis et M. Cloutier craignent tous les deux que le virus se répande dans l’hôpital malgré les précautions prises. À cause de l’état de vétusté de l’HMR et du manque de personnel, des éclosions pourraient survenir.

«C’est une préoccupation de tous les instants et c’est surtout un grand défi logistique. Ça ne fonctionne pas toujours à 100%, mais on fait tout pour protéger les patients qui n’ont pas la COVID et qui sont soignés ici pour d’autres pathologies», explique le Dr Marquis.

Même si le vaccin laisse espérer le contraire, M. Cloutier craint également que les infirmières soient touchées.

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