Montréal

Un ancien ministre demande la protection du «Champ des monarques»

Le nombre de papillons monarques a chuté à moins de 100 millions en 2014. Photo: iStock/Getty Images

L’ancien ministre libéral de l’Environnement, Clifford Lincoln, interpelle le premier ministre Justin Trudeau pour qu’il s’assure de la protection du «Champ des monarques», menacé par la construction d’une usine industrielle à Saint-Laurent.

En juin dernier, le gouvernement fédéral a accordé 29 M$ au Groupe Medicom pour la construction d’une usine destinée à la production de masques N95 sur les terres fédérales louées à Aéroports de Montréal (ADM).

Plus particulièrement, le site envisagé pour ce projet est celui du «Champ des Monarques», un habitat de reproduction pour les papillons du même nom.

L’implantation d’une usine de fabrication de matériel pour masques chirurgicaux détruirait des plantes cruciales pour la survie du monarque. Cette espèce est considérée comme étant en voie disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

«Ce Champ des monarques représente une partie intégrante en biodiversité du dernier grand écosystème marécageux et riverain non protégé sur l’île de Montréal – 215 hectares de précieux habitats fauniques – soit la superficie du parc du Mont-Royal, au nord de l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau», écrit Clifford Lincoln dans sa lettre envoyée au premier ministre Trudeau. 

Un statut permanent de protection

Par ailleurs, Clifford Lincoln souligne que la responsabilité de l’ADM se limite à diriger un aéroport. Pour éviter que ces terres publiques deviennent le berceau de développements commerciaux, il propose de leur donner un statut permanent de protection.

En plus de craindre la fragmentation importante du «Champ des monarques», les signataires de la lettre pensent que le projet Medicom introduira un «risque sérieux» pour la faune et l’ensemble de l’écosystème du secteur du Technoparc, de l’ADM et du Golf Dorval.

De plus, M. Lincoln souligne que «des sites alternatifs plus appropriés sont disponibles aux alentours». 

En plus de l’ancien ministre Clifford Lincoln, la Coalition verte et l’organisme Technoparc Oiseaux ont déjà interpellé le gouvernement de Justin Trudeau pour qu’il empêche la construction de l’usine.

La consultation publique sur les plans du Groupe Medicom a pris fin le 24 août. Celle-ci avait d’ailleurs été prolongée de 30 jours devant l’intérêt des citoyens pour ce dossier.

Selon le regroupement de citoyens Technoparc Oiseaux, une première consultation sur le projet s’était déroulée en «catimini» en avril dernier.

Un secteur convoité 

Ce n’est pas la première fois que les grands espaces verts du secteur du Technoparc Montréal sont visés pour des projets de développement. L’Éco-campus Hubert Reeves doit notamment y être aménagé.

Plusieurs s’opposent au projet de la Ville de Montréal qui souhaite en faire un lieu de prédilection pour les entreprises spécialisées dans le développement durable et dans les technologies propres. 

C’est notamment le cas de la Coalition Verte qui se bat depuis plusieurs années pour protéger la biodiversité de l’immense parc de recherche scientifique. L’association d’organismes environnementaux s’était d’ailleurs tournée vers les tribunaux en février 2020 pour tenter d’empêcher la destruction de milieux naturels, en vain

L’écosystème abrite notamment la plus grande variété d’espèces d’oiseaux observée sur l’île de Montréal, dont certaines sont en péril.

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