Montréal

Cimetière Notre-Dame-des-Neiges: heures de visites écourtées, proches de défunts outrés

Photo: Josie Desmarais

Michael Musacchio et Antoinette Romano ont perdu leur fille de 26 ans subitement, il y a trois mois. Depuis, les deux parents se rendent chaque jour à la tombe de leur enfant au cimetière Notre-Dame-des-Neiges (NDDN). Et puis, le samedi 4 septembre dernier, à sa grande surprise, Antoinette Romano s’est cogné le nez sur la porte grillagée d’un cimetière fermé.

«On savait que les heures d’ouverture étaient du lundi au samedi entre 8h et 17h, et que le cimetière était fermé les dimanches en raison de la COVID. Peu importe, ça ne m’affectait pas vraiment. Puis je suis retourné au travail. Je fais maintenant six jours par semaine. Ma femme est dévastée. Quand elle m’a appelé en pleurant pour me dire que c’était fermé le samedi de la fin de semaine de la fête du Travail, j’ai contacté le cimetière», raconte M. Musacchio.

Dans un échange de courriels, le directeur adjoint au service à la clientèle du cimetière, Anshley Ligondé, explique à M. Musacchio qu’une décision exceptionnelle a été prise afin de donner congé aux employés durant le long week-end, soit samedi, dimanche et lundi, puisque ceux-ci travailleraient six jours par semaine depuis mars 2020. De plus, il a été décidé de fermer le site chaque dimanche depuis la pandémie afin de désinfecter les 10 mausolées et chapelles ainsi que les 15 bureaux en activité.

Crise interne

Selon le délégué du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Fabrique Notre-Dame-des-Neiges–CSN, Patrick Chartrand, il y aurait énormément de désinformation concernant la fermeture du site du cimetière pour la désinfection, puisque durant le week-end de la fête du Travail, il n’y avait aucun employé sur le site. «Dans un mausolée, où on accueille les familles quand il y a des funérailles, on fait la désinfection à mesure. Et bien sûr, à l’extérieur, il n’y a pas de désinfection à faire», explique M. Chartrand, pour qui la décision de fermer le cimetière serait purement économique.

Depuis décembre 2018, les 115 membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Fabrique Notre-Dame-des-Neiges–CSN sont sans contrat et une vingtaine de postes ont été supprimés. En novembre prochain, après deux années d’attente, un retour à la table des négociations aura lieu.

M. Chartrand affirme que les employés du cimetière sont de tout cœur avec les familles, et que ce conflit entre eux et l’employeur ne devrait pas venir les affecter.

Malgré les trois messages laissés sur les boîtes vocales, en date du 5 octobre, aucun représentant du cimetière NDDN et de la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Montréal n’a rappelé Métro.


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