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La ligne bleue prolongée en 2029, assure la STM

Photo: Archives/Métro Média

Le prolongement de la ligne bleue prend forme. Le tunnel de six kilomètres ajoutant cinq stations additionnelles au réseau devrait être opérationnel dès 2029. Plutôt que le dynamitage, un tunnelier sera utilisé.

On estime que les travaux coûteront entre 5,8 à 6,4 G$. Il s’agit d’une révision des frais à la baisse, puisque des experts avaient proposé un projet à 6,9 G$ en avril dernier. En 2019, on considérait que le projet coûterait seulement 4,5 G$. Le gouvernement du Québec en assumera la majeure partie, en investissant 600 M$ dès aujourd’hui. Ottawa déboursera pour sa part 1,3 G$.

Le prolongement de la ligne bleue a été abordé à maintes reprises depuis 1970, mais le projet ne se concrétise finalement jamais. «Je vous assure que cette fois-ci, c’est la bonne, a lancé la ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau. Ça fait trop longtemps que les citoyens de l’Est l’attendent, le temps est venu de se mettre à l’ouvrage.»

Coût revu

Le coût du projet est notamment diminué parce qu’on y a soustrait la construction d’un stationnement incitatif. Un nouvel aménagement du terminus d’autobus de la station Anjou a également été revu. L’incertitude entourant le contexte économique, notamment en raison de la guerre en Ukraine, explique l’incertitude quant au coût final du projet.

La prochaine étape du projet sera l’émission d’un avis de qualification pour le début des travaux au moyen du tunnelier. Certaines documentations seront aussi préparées pour le lancement des appels d’offres de construction. Les travaux d’excavation seront amorcés dès 2023.

Pour permettre la tenue du projet, plusieurs sites devront être expropriés. Une part de 30% d’entre eux l’a déjà été. Des négociations sont en cours pour exproprier une portion de 30% des autres territoires convoités, alors qu’il faut entamer les démarches pour la proportion restante.

En heure de pointe, on estime que 25 600 usagers utiliseront la nouvelle portion de la ligne bleue, ce qui permettra de retirer près de 5600 automobilistes du réseau routier. Il faudra prévoir 15 minutes pour passer de la station Anjou à Jean-Talon en métro, alors que ce trajet nécessite en ce moment 40 minutes en transport en commun.

Un début

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, n’a pas manqué de rappeler qu’il faudra aller plus loin dans le développement du réseau de transport en commun. L’annonce de vendredi constitue surtout un «rattrapage» à ses yeux. «Il faut continuer à investir et développer le réseau», estime-t-elle.

L’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal considère qu’un contrôle plus serré du projet pour assurer son avancement aurait été nécessaire. «Après de nombreux litiges devant les tribunaux et une facture du projet qui augmente de 15 millions de dollars tous les mois, il aura fallu que le gouvernement du Québec reprenne le dossier en main pour qu’il avance enfin», a commenté le chef d’Ensemble Montréal, Aref Salem.

La Ville investira 300 M$ afin d’assurer l’aménagement urbain autour du tracé. Des commerces et des logements seront développés. On ignore toutefois toujours quelle part d’entre eux consistera en des logements sociaux.

La station située à Anjou se trouvera sous l’autoroute 25. L’élue provinciale Filomena Rotiroti s’en réjouit, mais dénonce le caractère électoral de l’annonce du gouvernement provincial. «On voit que c’est une annonce un peu recyclée à six mois des élections, d’autant plus que le REM de l’Est est en recherche de consensus, commente l’élue. La seule chose que la CAQ a réussi à faire à date, c’est de retarder le projet de quatre ans.»

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