Montréal

Un couple octogénaire de Verdun menacé d’éviction temporaire

Barbara et Ken Davidson dans leur maison.
Barbara et Ken Davidson dans leur maison. Photo: Katrine Desautels

Barbara et Ken Davidson habitent leur logement de la rue Beatty depuis 42 ans. En début d’année, les nouveaux propriétaires leur ont envoyé un avis écrit d’évacuation temporaire afin d’effectuer des travaux dans l’immeuble pendant six mois. 

L’ancien propriétaire de l’immeuble résidentiel était le frère de Barbara Davidson, mais il est aujourd’hui décédé. Le couple a donc un fort attachement à leur demeure. «Cette maison, c’était elle de mon frère. C’est lui qui l’a achetée, c’est un lieu familial», relate Barbara Davidson. 

Les nouveaux propriétaires ont acheté l’immeuble en décembre 2021. Le mois suivant, Barbara et Ken Davidson faisaient leur rencontre. 

À ce moment, les propriétaires leur auraient fait savoir qu’ils souhaitaient faire des réparations dans l’immeuble, plus précisément au sous-sol ainsi que pour la plomberie et l’électricité. Les propriétaires auraient indiqué que les travaux engendreraient beaucoup de bruit, et que l’eau et le chauffage seraient coupés. 

Dans une lettre, les propriétaires offraient aux locataires un montant de 1500 $ pour les dédommager pour le déménagement. 

Il est à noter que Ken Davidson est âgé de 87 ans et sa conjointe, de 82 ans. Selon la loi, les locataires ne peuvent pas être évincés définitivement de leur logement comme le couple est âgé de plus de 70 ans et qu’il habite sa maison depuis plus de 10 ans. 

Quelques exceptions permettent l’éviction de personnes âgées de plus de 70 ans, par exemple si les propriétaires sont eux-mêmes sexagénaires et qu’ils souhaitent habiter le logement visé. 

Concernant l’évacuation temporaire, la loi mentionne qu’un «propriétaire a le droit, en cours de bail, d’apporter des améliorations ou de faire des réparations majeures touchant l’un de ses logements, pourvu que ces travaux et les conditions d’exécution soient raisonnables». 

M. et Mme Davidson craignent qu’en quittant temporairement leur logement, les propriétaires augmentent de façon substantielle le prix de leur loyer. Or, au terme des travaux, les propriétaires ne peuvent demander une augmentation du loyer. Celle-ci est autorisée uniquement au moment de renouveler le bail et le pourcentage de la hausse est encadré par la loi.

Quand tu as habité dans ta maison pendant plus de 40 ans, c’est quelque chose de difficile à laisser tomber. On a bâti notre vie ici. 

Ken Davidson

Augmentation du loyer  

Malgré les travaux, les locataires souhaitaient rester dans leur logement pendant la période des rénovations. Après avoir refusé de quitter les lieux, M. et Mme Davidson ont reçu la lettre d’un avocat qui représente les propriétaires indiquant que leur loyer allait passer de 500 $ à 750 $ par mois. 

Pourtant, les locataires ont signé une entente avec les propriétaires soulignant que toutes les parties étaient d’accord pour conserver le loyer courant de 500 $ jusqu’en juin 2023. 

Ken et Barbara Davidson sont conscients qu’il s’agit d’un loyer sous la moyenne du marché. Comme l’ancien propriétaire était un membre de la famille, il leur offrait un prix d’ami. Ils seraient tout de même prêts à accepter une augmentation de loyer raisonnable. 

La prochaine étape pour les locataires est de défendre leur cause au Tribunal administratif du logement. Ils ont déjà reçu une invitation pour se présenter au tribunal prochainement. Toutefois, le couple octogénaire estime qu’il manque d’outils pour se défendre puisque ce processus est nouveau pour lui.  

«Nous sommes très stressés par cette situation. Je vais chez le docteur aujourd’hui à cause de ce stress qu’on vit, cette incertitude de peut-être être contraints de déménager», mentionne Mme Davidson. 

Le couple a toujours vécu à Verdun. «Si on doit déménager, on ne sait pas si on pourra rester dans notre quartier. Même à l’arrondissement LaSalle, le prix des loyers est très cher», constate Ken Davidson. 

Les Verdunois espèrent qu’ils pourront conserver leur logement. Ils craignent de devoir se départir de leur appartement, mais aussi de plusieurs meubles auxquels ils tiennent. 

Au moment de mettre sous presse, les avocats représentant les propriétaires n’ont pas donné suite à notre demande d’entrevue. 

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