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«Pas acceptable»: la vérificatrice générale de Montréal fustige la Ville

La Vérificatrice générale Michèle Galipeau
La vérificatrice générale Michèle Galipeau Photo: Josie Desmarais/Métro

Dans son rapport annuel dévoilé mardi, la vérificatrice générale (VG) de la Ville de Montréal, Michèle Galipeau, ne mâche pas ses mots concernant la mise en application de ses recommandations par l’administration Plante. Moins de la moitié de ses recommandations auraient été convenablement mises en place, la plupart en retard.

Selon le rapport, le taux d’application des recommandations de la VG par la Ville est de 47,1%. De ce nombre, 37% des recommandations réglées à la fin de 2021 avaient des plans d’action dont les échéances dataient de plus de deux ans. La Ville était en retard dans l’application de plus de 75% des recommandations non closes. De toutes ces recommandations, 36% accusent un retard depuis plus de deux ans.

Depuis plus de six ans, force est de constater que, globalement, la majorité des engagements de la Ville à la suite de nos recommandations ne sont pas honorés, et ce, malgré la mise en place de nouvelles mesures par l’Administration municipale.

Michèle Galipeau, vérificatrice générale de la Ville de Montréal

Sur l’ensemble des recommandations émises depuis au moins cinq ans, 87% d’entre elles seraient toujours d’actualité. Sur les 222 recommandations effectivement mises en place, seulement 6,3% ont été implantées dans les délais demandés.

«Cette situation n’est pas acceptable. […] Je réitère donc ma recommandation à la Direction générale de se doter d’indicateurs de suivi des engagements des unités d’affaires à l’égard de l’application de nos recommandations», explique la VG.

Le rapport souligne aussi que la Ville considère pour sa part que 313 des 465 recommandations qui devaient être mises en place en 2021 ont effectivement été implantées, soit 67%. La VG estime toutefois que 71 de ces recommandations sont plutôt «en cours».

Questionnée à ce sujet pendant la séance du conseil municipal, la présidente du comité exécutif de la Ville, Dominique Ollivier, a réagi à cette différence. Selon elle, cela s’explique par des méthodes de calcul différentes entre la VG et la Ville.

La gestion de l’itinérance et des chantiers dans le viseur

L’atteinte des bénéfices attendus par le 3e Plan d’action montréalais en itinérance (PAMI) serait impossible à évaluer. C’est ce que souligne la VG, malgré des efforts «louables» de la Ville en matière d’itinérance.

«Les outils de mesure proposés dans le PAMI, l’absence de données comparatives concernant les besoins comblés et ceux à combler, de même que le peu d’indicateurs d’impacts identifiés au PAMI ne permettaient pas l’évaluation de l’atteinte des bénéfices attendus», explique Michèle Galipeau.

La VG ne peut aussi conclure si les projets sélectionnés lors du PAMI ont bénéficié d’un processus «impartial et équitable». Le rapport de la VG fait échos aux recommandations de l’Ombudsman. Cette dernière caractérisait de «crise humanitaire» la situation de l’itinérance à Milton-Parc.

En ce qui concerne la gestion des chantiers sur la voie publique, il reste impossible d’avoir proactivement une vue d’ensemble.

L’absence d’une centralisation de la planification des chantiers ne permettrait pas de minimiser leurs impacts. De plus, les rôles et responsabilités des différents intervenants ne seraient pas correctement identifiés.

«La Ville a établi des axes de mobilité afin d’y limiter les travaux et les entraves, mais les arrondissements octroient néanmoins des permis pour réaliser des travaux sur ces axes, explique la VG. Le processus de planification n’est pas effectué dans les délais appropriés pour permettre que tous les projets planifiés soient réalisés.»

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