Montréal

Le syndicat de Rolls-Royce manifeste devant le bureau de François Legault

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses de Rolls-Royce Canada a manifesté ce matin au centre-ville de Montréal pour faire pression sur l’entreprise d’aéronautique basée à Lachine.

Environ 200 manifestants étaient présents, de la place Jean-Paul Riopelle jusqu’au bureau de François Legault, afin d’interpeller le premier ministre sur la situation de lock-out. Selon le syndicat, des subventions auraient été accordées à l’entreprise par le ministère de l’Économie et de l’Innovation, ce que l’entreprise dément.

«On veut expliquer à la population que Rolls-Royce Canada bénéficie largement des subventions du gouvernement […] et c’est nous qui payons ça», explique le vice-président de la Commission des syndicats nationaux (CSN), François Énault.  

Avec l’inflation qui bat des records, «que l’employeur demande des reculs dans une convention collective, c’est inacceptable», poursuit le président de la CSN.

Environ 200 manifestants se sont mobilisés pour dénoncer le lock-out imposé par Rolls-Royce Canada, au centre-ville de Montréal, le 3 août 2022. Alexis Fiocco/Métro

Le syndicat manifeste contre le lock-out que l’entreprise basée à Lachine a imposé en mars dernier après un refus d’adopter la nouvelle convention collective. Selon lui, Rolls-Royce Canada souhaite remplacer le régime de retraite actuel pour un fonds de pension à cotisations déterminées, et imposer un gel des salaires pour les années 2020 et 2021, alors que les employés sont sans convention collective depuis mars 2020. D’après François Énault, ce nouveau système «met tout le risque du régime des retraites sur le dos des travailleurs; c’est inacceptable».

Plusieurs membres exécutifs du syndicat soulignent la particularité du contexte de pénurie de main-d’œuvre. «On ne comprend pas la stratégie de l’employeur. S’ils ferment, on va aller travailler ailleurs, ils en cherchent partout», déclare le vice-président général du syndicat, Richard Dufour.

Dans un courriel envoyé à Métro, la direction dit reconnaître «l’importance de poursuivre nos discussions et de la nécessité d’en arriver à un accord qui va assurer un avenir durable à l’entreprise».

M. Énault dénonce toutefois un «lock-out sauvage en plein hiver» par une entreprise qui reçoit des subventions du gouvernement. Il revendique une augmentation des salaires qui suit l’inflation, alors que celle-ci atteint plus de 8%.

Avec la campagne électorale provinciale qui approche, le président du syndicat, Frédéric Labelle, souhaite faire pression sur le premier ministre et la CAQ pour «rectifier le tir avec l’employeur». «Ce sont ses électeurs qui sont dans la rue», estime le président du syndicat. À l’arrivée devant le bureau de François Legault, M. Labelle s’est adressé directement au premier ministre: «Se cacher en plein milieu d’un lock-out, c’est inacceptable, honte à vous!»

Les manifestants portent des drapeaux de la CSN pour protester contre Rolls-Royce Canada.
Alexis Fiocco/Métro

«On ne lâchera pas»

Pour le vice-président général du syndicat, la manifestation est «un appel à l’aide» au premier ministre, mais il explique toutefois vouloir «continuer à faire des actions et se faire entendre.»

Un travailleur employé depuis 15 ans chez Rolls-Royce dit être «frustré de voir que la compagnie continue de manquer de respect [aux employés], après 4 mois et demi [de lock-out]».

D’après cet employé, Rolls-Royce s’est plaint des difficultés économiques que l’entreprise a endurées pendant la COVID-19. Mais, selon lui, «ceux qui disent qu’ils ont perdu de l’argent viennent d’avoir 60% de leur salaire en bonus, c’est un petit peu gênant».

«On va continuer le temps qu’il va falloir», affirme un autre employé.

La dernière offre de l’employeur a été rejetée par le syndicat à 75% lors de l’assemblée générale du 24 juillet. «Le moral des troupes est super bon, les gens veulent continuer à se battre. Ce n’est pas nous qui avons choisi de partir, c’est l’employeur qui nous a mis dans la rue, mais maintenant on va rentrer selon nos conditions», estime le vice-président de la CSN.

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