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REM: « l’équipe technique espère un hiver difficile »

Un test a été effectué le 5 janvier dernier durant lequel le wagon est tombé en panne. Photo: Gracieuseté, CDPQ Infra

La mise en marché de tout produit manufacturier exige qu’on le malmène un peu au préalable ou, selon les mots du directeur des communications de CDPQ Infra, Jean-Vincent Lacroix, « qu’on le teste à ses limites ». Le Réseau express métropolitain (REM) n’échapperait pas à la règle.

C’est ce qui peut expliquer le fait que le 5 janvier dernier, une voiture du REM s’est retrouvée en panne sur la Rive-Sud, après avoir franchi le pont Samuel-De Champlain, selon des faits rapportés par La Presse. La pluie verglaçante qui s’abattait sur la région de Montréal aurait recouvert de glace le réseau filaire (appelé la caténaire), qui alimente en électricité le wagon.

Cet événement peut sembler inquiétant, à seulement quelque mois de la mise en exploitation officieuse du REM, promis pour le printemps prochain. Or, il s’agirait plutôt d’un « coup monté ».

« Ça fait partie d’un processus de fabrication que de tester les limites d’un produit. On simule des situations extrêmes pour connaître la robustesse d’un produit. C’est totalement normal. Ça ne s’applique pas juste dans le cas du REM », a affirmé Jean-Vincent Lacroix à Métro.

Si, dans le futur, on observait un épisode de verglas comme dans le cas en question, un grattoir situé sur le dessus de certaines voitures du REM serait activé pour frotter la caténaire et empêcher ainsi l’accumulation de glace. Dans le cas de la panne du 5 janvier, le train aurait circulé sur le pont sans grattoirs. L’objectif de cette omission aurait été de récréer de fortes intempéries.

« Si Dame Nature nous donne des conditions extrêmes de verglas ou de froid, on peut suivre la circulation du REM dans des situations intéressantes et tester sa robustesse. Cependant, parfois, il faut provoquer les choses. Dans ce cas-ci, on a décidé de ne pas mettre en place le protocole lié au verglas, pour laisser la glace s’accumuler sur la caténaire », précise le représentant de CDPQ Infra.

Ainsi, contre toute attente, le wagon est parvenu à traverser le pont Samuel-De Champlain, pour ensuite s’immobiliser, la glace ayant rompu l’alimentation électrique du réseau de transport.

Selon Jean-Vincent Lacroix, ce genre d’expérimentations permet à l’équipe technique du REM de colliger des données sur son fonctionnement et sur la résilience du système pour augmenter la fiabilité du réseau avant sa mise en service.

« On a vu qu’en redémarrant le système à quelques reprises, le point de contact électrique entre la caténaire et le pantographe – qui est l’antenne sur le dessus de la voiture qui frotte la caténaire – s’est refait et la voiture a pu rentrer à bon port à la gare centrale. »

Ce genre de constats est donc précieux pour l’équipe technique, estime le directeur des communications du CDPQ Infra, et ce serait en partie pour cette raison que l’arrivée de REM sur la Rive-Sud a été reportée en octobre dernier. Ceux qui l’attendaient devront s’armer de patience et espérer « qu’un hiver difficile en termes de neige, de verglas, de glace et de froid ».

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